CES 2026 – Atlas sort de l’ombre au CES, Boston Dynamics et Google referment la boucle de l’IA physique

LAS VEGAS – Au CES 2026, Boston Dynamics a offert à son robot humanoïde Atlas une première apparition publique très calculée. Sur la scène de la conférence de presse de Hyundai Motor Group, le nouveau prototype a traversé l’espace avec une démarche étonnamment humaine, presque désinvolte, avant de laisser place à la version quasi finale du produit destiné à l’industrie.

Cette démonstration marque un moment charnière pour Atlas. En une décennie, le robot est passé d’une plateforme expérimentale à l’allure mécanique à un humanoïde aux lignes épurées, pensé pour le travail. La nouvelle version affiche 56 degrés de liberté, des articulations entièrement rotatives et des mains à l’échelle humaine dotées de capteurs tactiles. L’objectif est clair, effectuer des tâches répétitives, s’adapter à des environnements complexes et apprendre en continu grâce à l’intelligence artificielle.

Boston Dynamics ne parle plus de démonstration technologique mais bien de déploiement. Atlas est déjà annoncé pour entrer en service dans une usine de Hyundai à Savannah, en Géorgie, avant d’être testé dans d’autres installations du groupe à travers le monde. Pour le constructeur, le robot humanoïde devient un maillon central d’une stratégie industrielle fondée sur la collaboration entre humains et machines.

Le discours tenu sur scène par les dirigeants du projet confirme ce changement de posture. Atlas n’est plus présenté comme un robot spectaculaire mais comme un futur collègue de travail. Hyundai estime même que les humanoïdes pourraient devenir le segment dominant de ce que l’industrie appelle désormais l’IA physique, c’est-à-dire des systèmes capables d’agir dans le monde réel, pas seulement de traiter de l’information.

L’autre annonce majeure du CES est sans doute celle du partenariat stratégique entre Boston Dynamics et Google DeepMind. Un rapprochement symbolique, puisque Google avait déjà été propriétaire de Boston Dynamics entre 2013 et 2017. Cette fois, la relation se fait autour de l’intégration directe des modèles d’IA de DeepMind, dont Gemini Robotics, au cœur du comportement d’Atlas.

L’enjeu dépasse la performance motrice. Les équipes parlent de perception, de raisonnement, d’usage d’outils et surtout d’interactions naturelles avec les humains. Comme l’a rappelé Boston Dynamics sur scène, un humanoïde utile ne peut pas se contenter d’être athlétique. Il doit comprendre son environnement social et industriel, et s’y insérer sans créer de friction.

Avec Atlas, Hyundai, Boston Dynamics et Google referment ainsi une boucle entamée il y a plus de dix ans. Ce qui était alors un pari de recherche devient un projet industriel à grande échelle. Le CES 2026 n’a pas seulement montré un robot qui marche mieux que ses prédécesseurs. Il a surtout donné un aperçu très concret de la prochaine étape de l’automatisation, celle où l’IA quitte les écrans pour entrer durablement dans les usines.

******

Du lundi au vendredi, Bruno Guglielminetti vous propose un regard sur l’essentiel de l’actualité numérique avec 120 secondes de Tech.

Ou encore…

Écoutez la plus récente édition de Mon Carnet,
le magazine hebdomadaire de l’actualité numérique.


En savoir plus sur Mon Carnet

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire