SeeHaptic transforme l’environnement en sensations tactiles pour les personnes non voyantes

En décembre dernier, Brigitte Macron testait la technologie de SeeHaptic.

LAS VEGAS – Une jeune entreprise française attire l’attention avec une approche radicalement différente de l’assistance aux personnes déficientes visuelles. SeeHaptic, fondée par Rémi du Chalard, propose une technologie qui ne cherche pas à remplacer la vision, mais à traduire l’environnement en sensations tactiles directement sur le corps.

Le dispositif repose sur deux éléments principaux. Un clip fixé sur des lunettes capte l’environnement en trois dimensions grâce à une caméra classique et à un capteur de profondeur utilisant un flash infrarouge. Ces données sont ensuite interprétées par un ordinateur intégré dans une ceinture lombaire, qui restitue les formes sous forme de tapotements sur la peau du dos. Le cerveau de l’utilisateur reconstruit alors le relief perçu, sans couleurs ni lumière, uniquement à partir des volumes et des distances.

L’objectif est clair, permettre aux personnes non voyantes ou malvoyantes de mieux comprendre leur environnement immédiat et de gagner en autonomie. Repérer un obstacle, identifier une personne en face de soi, localiser une voiture à l’arrêt ou rejoindre un taxi deviennent des actions possibles sans assistance constante. Selon Rémi du Chalard, ces informations essentielles changent profondément le quotidien, notamment pour les déplacements en milieu urbain.

Les retours des tests menés jusqu’à présent sont particulièrement marquants. L’expérience n’est pas décrite comme spectaculaire ou instantanément magique, mais comme intuitive. Les utilisateurs comprennent rapidement les signaux tactiles. Les réactions les plus fortes viennent souvent des proches, parents ou accompagnants, qui découvrent une nouvelle forme d’indépendance. Voir un enfant marcher seul dans la rue, là où il fallait auparavant le tenir par le bras, constitue pour beaucoup un moment décisif.

Sur le plan technologique, SeeHaptic privilégie le traitement local. Tous les calculs sont effectués directement sur l’appareil, afin d’éviter toute latence. Cette contrainte est essentielle pour un usage en temps réel, notamment lorsque l’utilisateur tourne la tête ou se déplace. Le dispositif intègre aussi un micro et un haut-parleur, permettant de solliciter des modèles d’intelligence artificielle pour obtenir des informations complémentaires sur l’environnement, par exemple la couleur d’un objet ou un détail précis qui ne peut être transmis par le relief seul.

Présente au CES 2026, l’entreprise se rapproche désormais de la commercialisation. La production est en cours et SeeHaptic attend les certifications nécessaires, le produit étant considéré comme un dispositif médical. Si le calendrier est respecté, une mise sur le marché européen est envisagée d’ici environ trois mois, avant une expansion vers les États-Unis, le Canada et le Japon.

Anciennement connue sous le nom d’Arte à France, la jeune pousse entame aussi un travail de repositionnement et de visibilité sous sa nouvelle identité. Pour son fondateur, l’enjeu dépasse largement l’innovation technologique. Il s’agit d’ouvrir des possibilités jusqu’ici inaccessibles et de transformer des gestes du quotidien en actes simples, là où ils étaient auparavant impossibles.

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