
De l’IA timide à l’IA confiante. C’est le virage que vivent de plus en plus de milieux de travail canadiens, selon une étude nationale commandée par Microsoft Canada et réalisée en novembre dernier auprès de 1 550 Canadiens par Léger. L’intelligence artificielle ne se limite plus à améliorer la productivité. Elle influence désormais les codes, les usages et l’étiquette professionnelle.
Le sondage révèle que 57 % utilisent aujourd’hui l’IA au travail. Pour plusieurs, elle modifie la manière de communiquer et de collaborer. Enregistrer des réunions pour assurer le suivi, réviser des courriels avant envoi ou vérifier le ton d’un message sont de plus en plus perçus comme des pratiques normales, voire attendues.
Cette adoption progressive transforme la culture interne. Près de deux répondants sur trois estiment que l’IA modifie la dynamique d’équipe. Presque la moitié y voient de nouvelles façons de collaborer, tandis que 47 % disent gagner en assurance lors de communications importantes. L’IA devient aussi un levier pour rendre les réunions plus efficaces, en facilitant la capture des échanges et les suivis.

Pour Microsoft Canada, le constat marque un point tournant. Selon Deidre Lipton, directrice générale, Solutions d’affaires en IA, le véritable enjeu n’est plus seulement l’adoption des outils, mais l’accompagnement des employés. Les organisations doivent créer un climat de confiance, encourager l’apprentissage continu et repenser leurs façons de travailler pour permettre à chacun de tirer profit de l’IA.
L’étude montre aussi que l’IA agit comme catalyseur de confiance et de créativité. Un tiers des répondants affirment qu’elle stimule leur réflexion stratégique. Près de la moitié disent qu’elle les aide à lancer des projets complexes. Pour certains employés plus discrets, elle offre même de nouvelles avenues pour contribuer. Près d’une personne sur dix va jusqu’à qualifier l’IA de collègue préféré, tandis qu’un Canadien sur cinq y voit l’équivalent d’un assistant personnel, une perception encore plus répandue chez les générations Z et milléniale.
Cette transition se fait toutefois en temps réel, avec ses zones de friction. Les cadres se montrent nettement plus à l’aise avec l’IA que les employés en début de carrière. Une minorité craint de prendre du retard faute de compétences adéquates, tandis que d’autres effacent volontairement les traces d’IA dans leur travail pour éviter toute stigmatisation. Les jeunes travailleurs, eux, semblent plus enclins à dépasser cette retenue et à associer l’IA à leur progression professionnelle.
Des écarts régionaux apparaissent également. Au Québec, les travailleurs se disent moins confortables avec l’enregistrement ou la transcription automatisée des réunions. Une majorité estime d’ailleurs qu’il faut obtenir l’accord explicite des participants avant d’utiliser ces fonctions.
Au fil de ces usages, une nouvelle étiquette se dessine, alignée sur des valeurs bien ancrées au Canada, soit le respect, l’équité, la confiance et la collaboration. L’IA ne vise pas à remplacer les interactions humaines, mais à libérer du temps, réduire la charge des tâches répétitives et donner aux employés les moyens de contribuer pleinement.
Pour les dirigeants, l’enjeu consiste à choisir des solutions adaptées afin de transformer durablement l’organisation du travail. Pour les employés, il s’agit de développer des compétences qui permettront de suivre cette évolution. C’est dans cet équilibre entre technologie et culture que se joue désormais l’intégration réussie de l’IA dans les milieux de travail canadiens.
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