
Le Canada et la Chine ont conclu une entente commerciale qui marque un changement notable dans la politique commerciale canadienne à l’égard des véhicules électriques chinois. L’accord a été annoncé à Pékin par le premier ministre canadien Mark Carney, à l’issue de sa visite officielle et de discussions avec le président chinois Xi Jinping.
Au cœur de l’entente, Ottawa abandonne le tarif punitif de 100 % imposé en octobre 2024 sur les véhicules électriques fabriqués en Chine. Il est remplacé par un système de contingent tarifaire. Jusqu’à 49 000 véhicules par année pourront désormais entrer au Canada au tarif de la nation la plus favorisée, fixé à 6,1 %. Ce volume correspond aux importations observées en 2023 et 2024, avant l’escalade des tensions commerciales, et représente moins de 3 % du marché canadien des véhicules neufs. Le contingent devrait progressivement augmenter pour atteindre environ 70 000 véhicules par an au bout de cinq ans.

En contrepartie, la Chine accepte de réduire substantiellement ses mesures de rétorsion visant les exportations agricoles canadiennes. Pékin ramènera d’ici le 1er mars 2026 les droits de douane sur le canola canadien d’environ 85 % à près de 15 %. Les autorités chinoises lèveront aussi les droits dits anti-discrimination sur le tourteau de canola, le homard, le crabe et les pois canadiens, au moins jusqu’à la fin de l’année 2026. Le marché chinois du canola représente à lui seul environ 4 milliards de dollars pour les producteurs canadiens.
L’accord ne se limite pas aux flux commerciaux. Le gouvernement canadien affirme qu’il vise à encourager, dans un horizon de trois ans, la création de coentreprises entre constructeurs chinois et partenaires canadiens, notamment dans l’assemblage, la chaîne d’approvisionnement et les services liés aux véhicules électriques. Ottawa précise également qu’à l’horizon 2030, au moins 50 % des véhicules importés dans le cadre du contingent devront être des modèles dits abordables, affichés à un prix de 35 000 dollars canadiens ou moins.
Sur le plan politique, ce compromis tranche avec la ligne suivie jusqu’ici par le Canada, qui s’était aligné en 2024 sur la stratégie américaine visant à fermer le marché nord-américain aux véhicules électriques chinois. En optant pour une ouverture partielle et encadrée, Ottawa cherche à ménager à la fois son industrie automobile, ses producteurs agricoles et ses ambitions de diversification commerciale, dans un contexte international de plus en plus fragmenté.
Source : Gouvernement du Canada
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