Grâce à Germ, Bluesky peut offrir une messagerie chiffrée de bout en bout

Une jeune pousse californienne vient de franchir un cap inédit dans l’univers des réseaux sociaux ouverts. La startup Germ Network devient la première messagerie privée à se lancer directement depuis l’application de Bluesky, grâce à une intégration native offrant des messages chiffrés de bout en bout.

Concrètement, Germ DM permet aux utilisateurs d’ajouter un badge à leur profil Bluesky. En cliquant dessus, leurs contacts ouvrent une conversation sécurisée via un App Clip iOS, une version légère et temporaire d’application. L’authentification se fait à partir du identifiant AT Protocol de l’utilisateur, sans numéro de téléphone, et les messages sont chiffrés de manière à ne pouvoir être décryptés ni par Germ ni par Bluesky.

Cette intégration repose sur deux briques technologiques clés. D’une part, le protocole AT, ou ATProto, qui alimente Bluesky et d’autres applications sociales décentralisées. D’autre part, le standard Messaging Layer Security, approuvé par l’Internet Engineering Task Force, conçu pour sécuriser les communications de groupe modernes.

Fondée par Tessa Brown, ancienne enseignante à Stanford, et Mark Xue, ex-ingénieur en protection de la vie privée chez Apple, Germ ambitionne de proposer une alternative aux messageries chiffrées dominantes comme Signal ou WhatsApp. L’originalité tient à son ancrage dans un écosystème social ouvert, plutôt que dans un silo propriétaire.

L’application autonome de Germ est actuellement offerte en bêta publique sur iOS en Amérique du Nord et en Europe. Selon l’entreprise, l’annonce officielle de l’intégration à Bluesky a multiplié par cinq le nombre d’utilisateurs actifs quotidiens. Le badge remplace désormais les liens « dans la bio » que les premiers testeurs utilisaient depuis la bêta privée lancée en août.

Du côté de Bluesky, cette collaboration illustre une approche différente de celle des grandes plateformes technologiques. Plutôt que de développer elle-même un système de chiffrement complexe, l’équipe du protocole AT estime que la sécurité de bout en bout représente un défi technique important qui peut être pris en charge par des services spécialisés. L’ouverture du protocole permet ainsi à des acteurs tiers d’enrichir l’expérience sans passer par un contrôle centralisé.

À court terme, Germ affirme vouloir concentrer ses efforts sur les fonctions de messagerie quotidiennes. La monétisation n’est pas prioritaire, mais des options payantes pourraient voir le jour pour des profils professionnels comme les créateurs, journalistes ou élus, notamment avec la gestion de multiples identifiants ou un filtrage privé assisté par intelligence artificielle des premiers messages.

Avec cette première intégration native, l’écosystème ATProto démontre son potentiel d’innovation distribuée. Reste à voir si ce modèle ouvert, où la communauté développe des fonctions sensibles comme la messagerie chiffrée, saura convaincre un public habitué aux solutions centralisées des géants du numérique.

Source : Techcrunch

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