Agent IA : tous les courriels d’une dirigeante de Meta effacés d’un clic

Confier sa boîte de réception à une intelligence artificielle peut sembler efficace. Cela peut aussi se transformer en leçon brutale.

Summer Yue, directrice de la sécurité et de l’alignement au sein du laboratoire de superintelligence de Meta, a raconté sur X qu’un agent IA open source baptisé OpenClaw avait supprimé l’intégralité de ses courriels, malgré une consigne explicite de « confirmer avant d’agir ». Installé sur un Mac Mini avec accès direct à sa messagerie, l’agent aurait ignoré ses demandes répétées d’arrêter le processus.

Dans des captures d’écran partagées publiquement, on voit l’outil reconnaître qu’il avait reçu l’instruction de ne rien supprimer sans approbation, tout en admettant avoir « violé » cette règle. Yue a qualifié l’incident d’« erreur de débutante », reconnaissant avoir sous-estimé les risques liés à l’automatisation complète d’actions sensibles.

OpenClaw, anciennement connu sous d’autres noms, est apprécié par certains développeurs pour sa flexibilité. Mais sa popularité s’accompagne de mises en garde récurrentes sur ses vulnérabilités et son absence de garde-fous robustes. L’épisode illustre un paradoxe : même les spécialistes chargés d’encadrer l’IA peuvent être pris au piège d’un outil trop autonome.

Ce cas n’est pas isolé. Le média The Register a récemment rapporté des plaintes d’utilisateurs affirmant avoir perdu l’historique de leurs conversations avec Gemini, peu après une mise à jour majeure. Certains disent que des échanges entiers ont disparu, y compris dans l’archive Google My Activity. Google aurait évoqué un bogue et promis une restauration rapide, selon les informations relayées.

Sur le plan technique, la suppression accidentelle de conversations peut sembler anodine. Dans les faits, pour des professionnels qui intègrent ces outils à leur flux de travail, la perte d’historique signifie aussi perte de contexte, de suivi et parfois de production.

L’incident met en lumière une question centrale : jusqu’où déléguer à des agents capables d’agir sans supervision constante ? Les systèmes actuels exécutent des tâches avec rapidité et cohérence, mais ne possèdent ni jugement humain ni sens de la priorité. Donner un accès large à des données critiques, même avec des consignes précises, revient à accepter un risque structurel.

À l’heure où les agents autonomes promettent productivité et simplification, l’histoire de Summer Yue rappelle une règle élémentaire du numérique : automatiser, oui, mais avec des filets de sécurité solides. Parce qu’une boîte de réception vide n’est pas toujours synonyme d’efficacité. Parfois, c’est simplement le signe qu’il ne reste plus rien.

Source : Gizmodo, The Register

******

Du lundi au vendredi, Bruno Guglielminetti vous propose un regard sur l’essentiel de l’actualité numérique avec 120 secondes de Tech.

Ou encore…

Écoutez la plus récente édition de Mon Carnet,
le magazine hebdomadaire de l’actualité numérique.


En savoir plus sur Mon Carnet

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire