Aux États-Unis, ICE et CBP coordonnent leurs opérations via l’application Zello

L’application gratuite Zello, connue pour transformer un téléphone intelligent en talkie-walkie, est utilisée par des agents de l’Immigration and Customs Enforcement et du Customs and Border Protection pour coordonner certaines opérations, selon une enquête publiée le 23 février 2026 par 404 Media et signée Joseph Cox.

L’enquête révèle que plusieurs comptes Zello sont liés à des adresses officielles dhs.gov. Certains pseudonymes contiennent des acronymes internes comme ERO, pour Enforcement and Removal Operations, ou HSI, pour Homeland Security Investigations. Des canaux de groupe font explicitement référence à des opérations d’immigration, à de la surveillance ou à des « strike teams ».

Zello fonctionne sur un modèle push-to-talk. L’application revendique environ cinq millions d’utilisateurs actifs mensuels et propose une version gratuite ainsi qu’une offre professionnelle payante appelée Zello Work. Son utilisation par des agences fédérales soulève des questions sur les outils technologiques employés dans le cadre de la politique de déportations massives menée sous l’administration Trump.

L’enquête s’appuie notamment sur des images de caméras corporelles tournées à Chicago. Dans l’une d’elles, un agent du CBP est visible en train d’utiliser un téléphone affichant clairement l’interface de Zello. La scène est liée à un incident survenu en octobre, lorsque l’agent Charles Exum a tiré à cinq reprises sur Marimar Martinez, une citoyenne américaine.

Le Department of Homeland Security avait initialement affirmé que Martinez avait tenté de percuter les agents avec son véhicule. Des accusations avaient été déposées, puis abandonnées en novembre. Les images diffusées depuis semblent contredire la version initiale des autorités et montrent un agent déclarant via son téléphone : « We’ve been struck », juste avant que les coups de feu ne soient tirés.

Zello n’en est pas à sa première controverse. L’application avait déjà été critiquée pour avoir servi de canal de coordination à au moins deux participants à l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021, ainsi que pour l’existence de centaines de canaux associés à l’extrême droite. À l’époque, l’entreprise avait supprimé plus de 2 000 canaux après des révélations médiatiques.

Cette utilisation d’une application grand public par des agences fédérales américaines met en lumière la dépendance croissante à des outils numériques accessibles à tous, dans un contexte où les enjeux de transparence et de responsabilité publique restent sensibles.

Source : 404 Media

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