Tencent ferme TiMi Montréal, cinq ans sans jeu lancé

Le groupe chinois Tencent a fermé son studio TiMi Montréal, moins de cinq ans après son ouverture et sans avoir lancé le moindre jeu. L’information, révélée par Game File puis confirmée par plusieurs employés sur LinkedIn, marque un nouvel épisode dans la contraction persistante de l’industrie vidéoludique.

Créé en 2021, le studio avait pour mandat de développer des jeux AAA en monde ouvert et multiplateformes. Il s’agissait du troisième bureau nord-américain de TiMi Studio Group, aux côtés de Los Angeles et Seattle. L’objectif était clair : passer du succès mobile à des productions à gros budget destinées aux consoles et au PC.

À Montréal, le studio était dirigé par Ashraf Ismail, ancien directeur créatif d’Assassin’s Creed chez Ubisoft. Son arrivée en 2022 devait permettre d’attirer des talents spécialisés dans les jeux d’aventure en monde ouvert, un créneau fort du marché québécois.

Mais aucun projet n’a été officiellement annoncé. Selon des témoignages publiés en ligne, les employés savaient depuis un certain temps que la fermeture était imminente. « Nous étions au courant, mais cela ne rend pas la réalité plus facile », a écrit un programmeur senior, évoquant une équipe « exceptionnellement talentueuse ».

Ce revers s’inscrit dans un mouvement plus large. Après l’expansion rapide des années pandémie, plusieurs éditeurs chinois réduisent leurs investissements en Amérique du Nord. NetEase a également ralenti ou retiré son financement de plusieurs studios occidentaux. Les coûts élevés de développement aux États-Unis et au Canada sont souvent cités comme facteur déterminant.

TiMi demeure un poids lourd du jeu mobile, avec des titres comme Honor of Kings, Pokémon Unite et Call of Duty: Mobile. Selon son profil LinkedIn, le groupe emploie entre 5 000 et 10 000 personnes à l’échelle mondiale. La fermeture de Montréal ne remet pas en cause cette présence, mais elle illustre un changement stratégique : moins d’expansion internationale, plus de prudence face aux risques financiers.

Pour Montréal, plaque tournante mondiale du jeu vidéo, cette fermeture rappelle que même les studios soutenus par des géants mondiaux ne sont pas à l’abri d’un ralentissement sectoriel durable.

Source : Kotaku, Gamefile, Eurogamer

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