Meta relance les paiements en cryptomonnaie, sans créer sa propre devise

Meta Platforms teste l’intégration de paiements en stablecoins au sein de ses applications, marquant un retour prudent dans l’univers des monnaies numériques. Selon des informations rapportées par Bloomberg et CoinDesk, l’entreprise mène actuellement un projet pilote limité utilisant des stablecoins existants via son infrastructure de paiement interne.

Contrairement à son initiative controversée Libra, renommée Diem, Meta ne prévoit pas créer sa propre monnaie. Un porte-parole a précisé que l’objectif est simplement de permettre aux utilisateurs et aux entreprises d’effectuer des paiements sur Facebook, Instagram et WhatsApp avec la méthode de leur choix. L’intégration pourrait inclure un portefeuille numérique compatible avec des jetons indexés sur le dollar américain.

Les stablecoins sont des actifs numériques conçus pour maintenir une valeur stable, généralement arrimée au dollar américain et soutenue par des réserves en liquidités ou en bons du Trésor à court terme. Leur encours mondial aurait dépassé 300 milliards de dollars l’an dernier, dans un contexte réglementaire plus favorable aux États-Unis.

En juillet 2025, le président Donald Trump a signé la première loi fédérale encadrant les émetteurs de stablecoins, connue sous le nom de GENIUS Act. Cette loi impose une couverture intégrale des réserves, des audits mensuels et des obligations strictes en matière de lutte contre le blanchiment d’argent.

L’approche actuelle de Meta tranche avec l’ambition initiale de Libra, dévoilée en 2019. Le projet avait suscité une forte opposition des régulateurs américains et européens, inquiets de voir une entreprise technologique contrôler un système de paiement mondial. Le projet Diem avait finalement été abandonné en janvier 2022 sous la pression politique et réglementaire.

Cette fois, Meta mise sur des partenaires externes. Stripe figure parmi les candidats potentiels pour soutenir le déploiement initial, notamment après l’acquisition par l’entreprise d’infrastructures spécialisées dans les stablecoins. D’autres acteurs comme Tether, Paxos ou Anchorage Digital multiplient également les initiatives pour offrir des versions réglementées de leurs jetons aux États-Unis.

Le retour de Meta intervient alors que les stablecoins s’imposent comme l’un des usages les plus répandus de la technologie blockchain, au-delà du bitcoin. Toutefois, certaines analyses nuancent l’ampleur réelle du phénomène. Une étude de McKinsey estime que les paiements effectifs en stablecoins en 2025 représenteraient environ 390 milliards de dollars, soit une fraction des volumes souvent cités.

Pour Meta, l’enjeu est double. Offrir une solution de paiement adaptée au commerce en ligne et aux créateurs de contenu, tout en évitant les écueils réglementaires du passé. Reste à voir si cette stratégie plus discrète permettra au géant des réseaux sociaux de s’imposer durablement dans l’écosystème des paiements numériques.

Source : Bloomberg, Reuters, Coindesk, Finbold

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