
Apple Music introduit un nouveau système de métadonnées destiné à améliorer la transparence autour des contenus musicaux générés par intelligence artificielle. Baptisé « Transparency Tags », ce mécanisme permet aux maisons de disques et aux distributeurs d’indiquer si une œuvre mise en ligne contient des éléments créés en tout ou en partie avec l’aide d’outils d’IA. Le dispositif a été annoncé hier dans une infolettre envoyée aux partenaires de l’industrie musicale. Apple précise que ces étiquettes pourront être appliquées dès maintenant aux contenus envoyés sur la plateforme et deviendront obligatoires pour les nouvelles livraisons à l’avenir.
Le système repose sur quatre catégories de balises. La balise Artwork identifie les pochettes ou éléments visuels d’un album créés en grande partie par intelligence artificielle. La balise Track s’applique à un enregistrement sonore lorsqu’une portion significative du morceau a été générée par IA. La balise Composition sert à signaler des paroles ou des éléments musicaux composés par un système automatisé. Enfin, la balise Music Video permet d’indiquer si une vidéo musicale contient des images produites par IA. Plusieurs balises peuvent être appliquées simultanément à un même contenu.
Comme pour d’autres métadonnées déjà utilisées dans les catalogues musicaux, Apple laisse toutefois aux labels et aux distributeurs la responsabilité de déterminer ce qui constitue un contenu généré par IA. L’entreprise explique que ce balisage constitue une première étape permettant de collecter des données et d’élaborer à terme des politiques adaptées à l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle dans la création musicale. Cette approche repose donc largement sur l’autorégulation de l’industrie. Apple ne prévoit pour l’instant aucun mécanisme technique de vérification ni de détection automatique pour confirmer l’origine des contenus déclarés.
D’autres plateformes ont adopté une stratégie différente. Deezer, par exemple, a développé ses propres outils d’analyse afin d’identifier automatiquement les morceaux générés par intelligence artificielle. Selon l’entreprise française, cette technologie lui permet de détecter des titres produits par des systèmes comme Suno ou Udio sans dépendre d’une déclaration des distributeurs. Les données publiées par Deezer montrent l’ampleur du phénomène. La plateforme affirme recevoir aujourd’hui plus de 60 000 nouvelles chansons entièrement générées par IA chaque jour, contre 30 000 en septembre 2025 et seulement 10 000 lors du lancement de son outil de détection en janvier 2025. Au total, plus de 13,4 millions de morceaux synthétiques ont déjà été identifiés dans son catalogue.
Selon Deezer, cette explosion de contenus serait largement liée à des tentatives de fraude. L’entreprise indique qu’en 2025, jusqu’à 85 % des écoutes associées à des morceaux générés par IA étaient frauduleuses, un niveau très supérieur aux 8 % de fraude observés sur l’ensemble de son catalogue. Ces écoutes sont retirées du calcul des redevances et exclues du partage des revenus.
Dans ce contexte, Apple choisit pour l’instant une approche basée sur la déclaration volontaire plutôt que sur la détection technique. Les « Transparency Tags » représentent ainsi un premier effort de transparence, mais leur efficacité dépendra largement de la volonté des acteurs de l’industrie de signaler eux-mêmes l’utilisation de l’intelligence artificielle dans leurs productions.
Source : Music business worldwide
******
Du lundi au vendredi, Bruno Guglielminetti vous propose un regard sur l’essentiel de l’actualité numérique avec 120 secondes de Tech.
Ou encore…
Écoutez la plus récente édition de Mon Carnet,
le magazine hebdomadaire de l’actualité numérique.
En savoir plus sur Mon Carnet
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

