Québec veut bâtir une banque de données culturelles pour l’IA

Le Québec amorce un chantier structurant pour son avenir numérique avec la création envisagée d’une banque de données culturelles destinée à alimenter les systèmes d’intelligence artificielle. À l’origine du projet, une recommandation du Conseil de l’innovation du Québec, publiée en février 2024, qui appelait à soutenir la constitution d’un corpus de données de haute qualité en français et en langues autochtones.

Désignée comme porteur potentiel, Bibliothèque et Archives nationales du Québec a accepté de relever le défi, forte de son expertise en métadonnées et de son rôle central dans la gestion des contenus culturels et gouvernementaux. Le projet bénéficie d’un appui financier du ministère de la Culture et des Communications, confirmant son importance stratégique.

Avant d’en arriver à cette proposition, une étude en trois volets a été menée, portant sur la désirabilité, la faisabilité et la viabilité du projet. Elle s’appuie notamment sur une vaste démarche de consultation, incluant des ateliers de co-création réunissant plus d’une centaine d’acteurs issus des milieux culturel, gouvernemental, scientifique et autochtone.

De ces travaux émergent plusieurs principes fondateurs. La protection du droit d’auteur et la juste rémunération des ayants droit figurent au premier plan. Le projet insiste également sur le respect du cadre juridique existant, notamment en matière d’archives, de gouvernance des données publiques et de protection des renseignements personnels.

Autre élément clé, le modèle proposé repose sur la mutualisation des données plutôt que leur centralisation. Les détenteurs de contenus conserveraient la propriété de leurs données, tout en les rendant accessibles selon des պայման définies. Une gouvernance partagée, impliquant plusieurs partenaires, est aussi envisagée afin d’assurer un équilibre entre les parties prenantes.

Concrètement, la future banque de données serait un environnement structuré permettant de regrouper des ensembles massifs de données prêtes à être exploitées par des systèmes d’IA. Elle comprendrait un noyau opérationnel chargé de la gestion et de la conformité, un entrepôt de métadonnées, ainsi que des interfaces pour les utilisateurs et les administrateurs.

Le projet prévoit également une offre de services complète, allant de la préparation et de la numérisation des données à la mise en place de laboratoires d’innovation et de bacs à sable réglementaires. L’objectif est de permettre l’expérimentation dans des environnements contrôlés, notamment pour les données sensibles.

Au-delà de l’infrastructure, les promoteurs insistent sur un enjeu transversal : la littératie numérique. Les consultations ont mis en lumière des écarts importants dans la capacité des organisations à comprendre et utiliser les données et l’IA. La future plateforme pourrait donc aussi jouer un rôle de formation et d’accompagnement.

Les prochaines étapes passeront par des projets pilotes et des phases d’expérimentation, avec l’ambition de tester des usages concrets et de définir un cadre de gouvernance opérationnel. À terme, l’initiative vise à renforcer la souveraineté numérique du Québec, améliorer la découvrabilité des contenus culturels et soutenir une intelligence artificielle plus responsable.

Présenté comme un projet de société lors de la matinée d’échanges intitulée Subir ou agir : construire notre souveraineté numérique à l’ère de l’IA, le chantier dépasse largement le cadre institutionnel de BAnQ. Il appelle à la mobilisation des acteurs publics et privés pour bâtir une infrastructure commune au service de la culture, de la recherche et de l’innovation.

Source : BANQ

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