Sergey Brin, cofondateur de Google, investit 45 millions pour bloquer la taxe des milliardaires en Californie

Les milliardaires de la Silicon Valley intensifient leur offensive politique contre un projet de taxe en Californie. Sergey Brin, cofondateur de Google, vient d’injecter 25 millions de dollars supplémentaires dans une campagne visant à bloquer une taxe de 5 % sur les grandes fortunes, portant sa contribution totale à 45 millions.

Cette mesure, surnommée « billionaire tax », cible les résidents californiens dont la fortune dépasse un milliard de dollars. Elle prévoit un prélèvement unique destiné à financer des programmes publics, notamment en éducation, en santé et en aide alimentaire.

Pour Sergey Brin, dont la fortune est estimée à plus de 240 milliards de dollars, la facture pourrait dépasser les 12 milliards. Un enjeu financier majeur, qui explique en partie son implication croissante dans ce dossier.

L’ancien dirigeant n’est pas seul. Eric Schmidt a lui aussi renforcé son soutien, avec plus de 3 millions de dollars versés à des groupes d’influence opposés à la mesure. D’autres figures technologiques, comme le cofondateur de Palantir Peter Thiel ou le PDG de Stripe Patrick Collison, participent également à l’effort financier.

Au cœur de cette mobilisation, un comité d’action politique baptisé « Building a Better California », qui cherche à faire échouer la proposition ou à en limiter la portée. Une initiative parallèle vise notamment à interdire toute taxation rétroactive, ce qui affaiblirait considérablement le projet.

Le débat dépasse toutefois la seule question fiscale. Il met en lumière les tensions croissantes entre les autorités publiques et les grandes fortunes du secteur technologique, sur fond de redistribution des richesses et de financement des services publics.

Dans ce contexte, certains milliardaires ont déjà pris leurs distances avec la Californie. Sergey Brin a récemment déménagé au Nevada, un État sans impôt sur le revenu, illustrant les stratégies d’optimisation mises en place face à ce type de réforme.

Ce dossier s’inscrit dans un engagement politique plus large de la Silicon Valley, de plus en plus active dans les débats publics. Entre financement de campagnes, soutien à des candidats et interventions dans les politiques publiques, les grandes fortunes technologiques cherchent désormais à peser directement sur les décisions qui les concernent.

Si la proposition atteint le scrutin et obtient l’appui des électeurs, elle pourrait marquer un tournant dans la fiscalité des ultra-riches aux États-Unis. En attendant, la bataille se joue déjà à coups de millions.

Source : The Guardian

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