
Microsoft a dû réagir rapidement après la diffusion virale d’un extrait des conditions d’utilisation de Copilot affirmant que l’outil était destiné à des « fins de divertissement seulement ». Une formulation qui a surpris, alors que l’entreprise présente depuis des mois son assistant comme un outil de productivité intégré à son écosystème professionnel.
Face aux critiques, Microsoft a reconnu que cette mention ne reflétait plus l’usage actuel de Copilot. L’entreprise explique qu’il s’agissait d’un héritage de l’époque où le service était encore étroitement lié à Bing, avant son repositionnement plus large dans Windows, Microsoft 365 et ses offres aux entreprises.
L’affaire met en lumière un décalage sensible entre le discours marketing des géants de l’intelligence artificielle et la prudence juridique inscrite dans leurs conditions d’utilisation. D’un côté, les entreprises vantent les gains de productivité, la précision et l’intégration de leurs outils. De l’autre, elles rappellent que les réponses générées peuvent contenir des erreurs et qu’elles ne doivent pas servir de seule base à des décisions importantes.
Dans le cas de Microsoft, cette contradiction a été particulièrement visible. Le même groupe qui vante les performances de Microsoft 365 Copilot auprès des entreprises se retrouvait avec une formulation publique laissant entendre que son propre outil ne devait pas être pris au sérieux pour des usages critiques.
Cette prudence contractuelle n’est toutefois pas unique à Microsoft. OpenAI, Meta, Anthropic et xAI utilisent eux aussi des formulations destinées à limiter leur responsabilité. La différence, ici, tient surtout au choix des mots. L’expression « fins de divertissement seulement » apparaissait beaucoup plus dissonante que les avertissements habituels appelant à la vérification ou à la non-utilisation dans des domaines sensibles comme la médecine, la finance ou le droit.
L’épisode rappelle que la confiance envers les outils d’IA ne repose pas seulement sur leurs performances techniques. Elle dépend aussi de la cohérence entre ce que les entreprises promettent, ce qu’elles livrent, et ce qu’elles inscrivent noir sur blanc dans leurs règles d’utilisation.
Microsoft promet maintenant de modifier ce passage dans une prochaine mise à jour. Reste que ce faux pas illustre bien l’un des défis actuels de l’industrie : convaincre le public que l’IA peut devenir un outil sérieux, tout en continuant à se protéger légalement contre ses propres limites.
Source : Business Insider
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