France : Amandine Le Pen ou l’IA au service de l’extrême droite

Dans l’univers numérique où les frontières entre le vrai et le faux deviennent de plus en plus floues, une nouvelle figure émerge sur TikTok en France : Amandine Le Pen. Cette jeune femme, entièrement généré par intelligence artificielle, qui porte le nom évocateur de la famille Le Pen, ne se contente pas de reprendre un patronyme connu de la politique française ; il adopte également les traits d’une jeune Marine Le Pen.

Avec plus de 32 000 abonnés sur TikTok, le compte « amandineeette » incarne une stratégie numérique inquiétante, celle de l’utilisation de l’hypertrucage (deepfake) pour la promotion de l’idéologie de l’extrême droite. Cette jeune femme virtuelle, blonde aux yeux bleus, diffuse des messages simplistes mais percutants qui vise à encourager le vote pour le Rassemblement national lors des prochaines échéances électorales.

Le succès de ce compte réside dans sa capacité à fusionner l’esthétique attrayante et les techniques de marketing viral avec des messages politiques directs. En reprenant les codes des influenceurs modernes, le personnage d’Amandine Le Pen attire l’attention non seulement par son apparence mais également par la résonance de ses messages auprès d’un jeune public qui fréquente assidûment les réseaux sociaux comme principale source d’information.

Sans surprise, les partis politiques mentionnés, le Rassemblement national et Reconquête!, se sont empressés de nier toute implication avec ce compte, malgré les doutes que cela soulève sur l’utilisation de l’IA dans les stratégies de campagne. Ces avatars numériques, capables de manipuler l’opinion publique, représentent une nouvelle frontière dans la guerre de l’information.

Et malheureusement, même dans un contexte politique, TikTok maintient une politique qui permet les parodies et les représentations hypertruquées de figures publiques, à condition qu’elles ne nuisent pas directement aux individus concernés. Cependant, l’impact de tels comptes sur la perception publique et sur l’intégrité du discours politique reste un sujet de préoccupation majeur, surtout à l’approche des élections européennes où la modération des faux contenus sera mise à l’épreuve.

Une fois de plus, ce phénomène soulève des questions cruciales sur la responsabilité des plateformes numériques dans la lutte contre la désinformation et sur les mesures à prendre pour garantir une élection libre et équitable. Amandine Le Pen n’est peut-être que la pointe de l’iceberg dans ce nouvel âge de manipulation médiatique où l’intelligence artificielle devient à la fois l’outil et le sujet du débat politique.

Et la fausse Amandine Le Pen n’est pas seule ; une fausse Léna Maréchal, aux traits de Marion Maréchal, connaît également beaucoup de succès sur le même principe, et elle compte déjà des dizaines de milliers de vues pour ses vidéos.


MISE À JOUR :
Depuis la rédaction de cette article, les deux comptes ont été retiré de TikTok.


En savoir plus sur Mon Carnet

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Un commentaire

  1. …et ça prendra de l’ampleur car les «désinformateurs» vont s’en donner à coeur joie!

Laisser un commentaire