L’IA met en péril les éditeurs d’infos

Les entreprises derrière les moteurs de recherche basés sur l’intelligence artificielle, comme OpenAI et Perplexity, avaient promis aux éditeurs qu’elles généreraient du trafic en redirigeant des lecteurs vers leurs sites. Or, une nouvelle analyse publiée par la plateforme TollBit et relayée par Forbes démontre que ces promesses ne sont pas tenues. En effet, les moteurs de recherche basés sur l’IA envoient 96 % moins de trafic aux sites d’information que les recherches traditionnelles de Google.

Le rapport, qui a examiné 160 sites web au dernier trimestre 2024, révèle également que le scraping de contenu par OpenAI, Perplexity, Meta et d’autres entreprises a plus que doublé en quelques mois. En moyenne, chaque page analysée a été consultée sept fois par des bots, contribuant ainsi à une extraction massive de contenus sans réelle compensation pour les éditeurs.

Cette situation engendre une baisse significative des revenus pour les sites dépendants du trafic organique. Chegg, une entreprise spécialisée dans l’éducation en ligne, a déjà engagé des poursuites contre Google, estimant que ses résumés générés par IA exploitent ses contenus sans attribution, ce qui a conduit à une chute de 49 % de son trafic en janvier. D’autres entreprises, comme TripAdvisor et Kayak, expriment aussi des inquiétudes quant à l’impact de ces pratiques sur leur modèle économique.

L’une des grandes difficultés pour les éditeurs est d’identifier et de bloquer ces bots sans nuire à leur référencement sur les moteurs de recherche traditionnels. TollBit souligne que certains acteurs, comme Perplexity, continuent d’envoyer du trafic à des sites qui les ont pourtant bloqués, ce qui laisse supposer l’usage de techniques d’extraction non déclarées. D’autres, comme Google, utilisent des bots aux finalités multiples, rendant leur identification complexe.

Face à ces défis, certains médias cherchent à monétiser leur contenu différemment. Des accords de licence ont été signés entre OpenAI et des groupes comme l’Associated Press ou le Financial Times. Parallèlement, des entreprises comme TollBit proposent des solutions permettant aux éditeurs de facturer les entreprises d’IA chaque fois que leur contenu est extrait.

L’avenir du journalisme en ligne est ainsi directement impacté par ces évolutions technologiques. La question reste de savoir si une régulation ou des modèles économiques alternatifs permettront aux médias de survivre dans un écosystème où l’IA absorbe l’information sans rétribution équitable.

(Source : Forbes)


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3 commentaires

  1. Bonjour Bruno,

    Très bon article sur le péril pour les éditeurs d’infos.

    Ceci m’amène à vous poser la question suivante, que le partenariat récent entre Pearson (producteur de contenus éducatifs) et Microsoft (producteur d’IA) ont convenu. Avez-vous des informations ou des sources sur le péril que représente l’IA pour les maisons d’édition qui conçoivent des ressources d’apprentissage en ligne destinées au monde scolaire et à la formation continue en entreprise?

    Cordialement,

    D

    Denis Sirois
    Directeur général

    • Non, rien de très à jour. Mais de façon général, le partenariat entre Pearson et Microsoft vise à intégrer l’IA dans l’éducation pour personnaliser l’apprentissage. Et dans ce contexte, l’IA représente un double défi pour les maisons d’édition : elle peut perturber les pratiques traditionnelles en automatisant la création de contenu, mais elle offre également des opportunités pour améliorer l’efficacité et développer de nouveaux produits éducatifs.

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