
Le monde de la diffusion en direct en ligne (streaming) est souvent perçu comme un espace de liberté et de créativité. Pourtant, pour les femmes créatrices de contenu, il s’accompagne d’un coût supplémentaire : celui de la sécurité. Entre le harcèlement en ligne, les menaces et les intrusions dans leur vie privée, ces streameuses doivent mettre en place des stratégies de protection qui grèvent leurs revenus.
L’incident récent impliquant Amouranth en est une illustration glaçante. Le 2 mars dernier, la streameuse a révélé sur X qu’elle avait été agressée chez elle par trois hommes armés, qui l’ont battue et menacée pour obtenir ses actifs en cryptomonnaies. Heureusement, son mari a pu les faire fuir. Quelques heures plus tard, Emiru, Cinna et Valkyrae ont été confrontées à un « fan » menaçant en pleine retransmission en direct. Cet homme, après avoir repéré leur localisation, a tenté de les agresser après qu’elles aient refusé ses avances.
Ces événements ne sont pas isolés. Plusieurs streameuses ont déjà été confrontées à des menaces de mort, de la divulgation d’informations personnelles (doxxing) et même des tentatives d’effraction. Pokimane, une des créatrices les plus influentes, a récemment expliqué qu’elle dépensait des dizaines de milliers de dollars par mois pour assurer sa sécurité, en engageant des services spécialisés pour surveiller et effacer toute fuite de données personnelles.

QTCinderella, une autre streameuse populaire, a indiqué qu’elle embauchait systématiquement des agents de sécurité pour l’accompagner lors d’événements publics, notamment en raison des nombreuses menaces qu’elle et son compagnon, Ludwig, ont reçues par le passé.
Bien sûr, les créateurs masculins ne sont pas épargnés par les attaques en ligne. Plusieurs ont été victimes de « swatting », une pratique dangereuse où une fausse alerte conduit les forces de l’ordre à intervenir à leur domicile. Toutefois, la nature des menaces envers les femmes diffère souvent, notamment à cause de la relation parasociale que certains « fans » développent avec elles.
Alors, que peuvent faire les streameuses pour se protéger ? Malheureusement, les autorités restent peu réactives face aux menaces en ligne, et la solution la plus efficace semble être d’investir elles-mêmes dans leur sécurité. Entre services de protection contre le doxxing, modifications de leur espace de vie pour brouiller leur localisation et embauche de gardes du corps lors de sorties publiques, ces mesures deviennent un coût incontournable pour exercer leur métier en toute sécurité.
Le streaming est censé être une activité accessible à tous, mais pour les femmes, il implique des dépenses supplémentaires et un stress constant. Un prix à payer pour leur passion, mais surtout un problème de société qui mérite une attention accrue.
Source : Tubefilter
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