
Une coalition d’entreprises technologiques européennes exhorte l’Union européenne à prendre des mesures radicales pour renforcer sa souveraineté numérique. Dans une lettre adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et à la commissaire européenne au Numérique, Henna Virkkunen, plus de 80 signataires, représentant une centaine d’organisations, demandent un changement de stratégie : privilégier les solutions locales pour les infrastructures critiques du numérique, de l’intelligence artificielle à l’infonuagique, en passant par les semi-conducteurs.
L’initiative repose sur un constat alarmant : selon les signataires, la dépendance croissante de l’Europe aux technologies étrangères pourrait mener à une perte totale d’autonomie en moins de trois ans. La coalition réclame un mandat d’achat européen obligeant les administrations publiques à se tourner vers des solutions locales, ainsi que la création d’un fonds d’infrastructure souverain pour financer les technologies stratégiques.
L’appel intervient dans un contexte géopolitique tendu, marqué par les tensions transatlantiques et la volonté des États-Unis de maintenir leur domination numérique. Le vice-président américain JD Vance a récemment critiqué les régulations européennes, les jugeant nuisibles à l’innovation. L’incertitude autour des relations futures avec Washington renforce l’urgence d’une réponse européenne concertée.
Pour les défenseurs de cette approche, il ne s’agit pas d’exclure les acteurs non européens, mais de créer un cadre où les entreprises locales puissent véritablement rivaliser. « Les États-Unis achètent américain, la Chine achète chinois. L’Europe doit cesser d’ouvrir ses marchés sans contrepartie », affirme l’économiste Cristina Caffarra, l’une des voix derrière cette initiative.
Certains projets de souveraineté numérique ont déjà vu le jour, comme Gaia-X, visant à créer une alternative européenne au cloud américain. Mais ces initiatives ont souvent perdu leur élan en intégrant les géants américains dès leur conception. La coalition appelle donc à une approche plus structurée, où les entreprises européennes bénéficieraient d’un soutien clair et cohérent.
Au-delà des questions économiques et industrielles, c’est aussi la sécurité des infrastructures numériques européennes qui est en jeu. Plusieurs experts alertent sur les risques liés à une dépendance excessive aux services numériques américains, qui pourraient être soumis à des décisions politiques extraterritoriales. Un décret présidentiel aux États-Unis pourrait, par exemple, restreindre l’accès à certains services essentiels en Europe, comme ce fut le cas avec l’Ukraine.
Si l’UE veut éviter de se retrouver dans une position de vulnérabilité, elle devra prendre des décisions stratégiques rapidement. Le défi est immense, mais les opportunités le sont tout autant : en investissant dans son propre écosystème numérique, l’Europe pourrait non seulement assurer son indépendance, mais aussi devenir un acteur technologique mondial capable de rivaliser avec les géants américains et chinois. Reste à voir si Bruxelles osera franchir le pas.
Source : TechCrunch
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Même le Canada devrait penser a une solution semblable. On est trop dépendant des autres comme les Etats-Unis pour ne nommer que ceux là.