L’essor de l’IA agentique au Canada

Un récent sondage de KPMG révèle que les entreprises canadiennes tournent de plus en plus leur regard vers l’IA agentique. Plus de la moitié (57 %) des dirigeants interrogés affirment vouloir investir dans cette technologie au cours des six prochains mois, convaincus de son potentiel à transformer radicalement leurs opérations et leur compétitivité.

L’IA agentique se distingue par sa capacité à prendre des décisions de manière autonome, en s’appuyant sur des technologies comme les grands modèles de langage. Contrairement à l’IA générative, utilisée notamment pour la rédaction ou le traitement de données, ces agents intelligents peuvent exécuter des tâches complexes avec peu ou pas d’intervention humaine : service à la clientèle, gestion des commandes, remboursements ou encore génération de pistes commerciales.

Parmi les 252 chefs d’entreprise canadiens sondés, 27 % ont déjà intégré cette technologie dans leurs activités, alors que 64 % mènent des projets pilotes ou explorent activement des cas d’usage. Dans les faits, 86 % des répondants considèrent l’IA agentique comme une priorité d’investissement stratégique.

Principales utilisations de l’IA agentique
(Groupe CNW/KPMG LLP)

Les avantages perçus sont nombreux : gain de productivité, décisions plus éclairées, réduction des coûts et correction des lacunes en compétences. Toutefois, plusieurs défis subsistent, notamment en matière de cybersécurité, de protection des données et de coût de déploiement. Plus de la moitié des entreprises interrogées reconnaissent que leur personnel n’est pas encore prêt à collaborer avec des agents autonomes.

L’étude met également en lumière des craintes liées à la transformation de l’emploi. Si 92 % des dirigeants estiment que l’IA agentique aidera à automatiser les processus et combler les pénuries de main-d’œuvre, 72 % rapportent que leurs employés redoutent d’être remplacés. Une inquiétude que KPMG tempère en évoquant la nécessité de réorganiser stratégiquement la main-d’œuvre autour de ces outils.

Stephanie Terrill, associée directrice chez KPMG Canada, rappelle que l’IA agentique offre un potentiel transformationnel sans précédent, mais qu’il faudra accompagner les entreprises dans l’expérimentation, la formation et l’intégration de ces technologies au quotidien. La sensibilisation et l’éducation apparaissent comme des leviers clés pour combler l’écart entre l’enthousiasme stratégique et la réalité opérationnelle.

Avec ce virage vers l’IA agentique, le Canada semble amorcer une nouvelle phase de sa transition numérique. Reste à voir si les entreprises sauront relever les défis d’intégration, de gouvernance et d’acceptabilité sociale pour tirer pleinement profit de cette révolution annoncée.

Fait notable : près des deux tiers des dirigeants (63 %) anticipent une hausse de la rentabilité de 5 à 15 % grâce à l’IA agentique. Cette projection témoigne d’une confiance marquée dans l’impact économique de la technologie, au-delà de sa simple contribution opérationnelle.

Enfin, selon Gary Filan, responsable de l’IA chez KPMG, c’est en intégrant l’IA agentique aux systèmes d’entreprise existants — plutôt qu’en l’appliquant à des tâches isolées — que les organisations en tireront le plus de valeur. L’enjeu n’est donc pas seulement technologique, mais aussi structurel et stratégique.

Les avantages et les défis de l’IA agentique
(Groupe CNW/KPMG LLP)

+++++

Tous les jours de la semaine, du lundi au vendredi, Bruno Guglielminetti
vous propose un rendez-vous express de 120 secondes pour
connaitre l’essentiel de l’actualité tech.


En savoir plus sur Mon Carnet

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire