Qui pourrait racheter Google Chrome ?

Un vent de bouleversement souffle sur l’industrie numérique. Le ministère de la Justice des États-Unis, soutenu par plusieurs États, souhaite que Google soit contraint de vendre son navigateur Chrome, dans le cadre des remèdes envisagés pour sanctionner son monopole sur la recherche en ligne. Une hypothèse qui semblait encore impensable il y a peu, mais qui devient de plus en plus crédible alors que le procès antitrust se poursuit à Washington.

Lors d’une audience récente, Brian Provost, vice-président de Yahoo Search, a déclaré que l’entreprise, appuyée par Apollo Global Management, se dit prête à acquérir Chrome si la justice impose cette vente. Pour Yahoo, qui tente de relancer sa plateforme de recherche depuis son rachat à Verizon en 2021, il s’agirait d’une opportunité stratégique majeure. Chrome est qualifié par Provost de « joueur stratégique le plus important du Web ».

Mais Yahoo ne serait pas seul en lice. OpenAI, par la voix de Nick Turley, responsable produit de ChatGPT, a confirmé que l’entreprise serait également intéressée par le rachat du navigateur. L’objectif serait clair : accélérer la distribution de ses outils d’intelligence artificielle, notamment son moteur de recherche SearchGPT, dans un environnement maîtrisé.

D’autres acteurs pourraient aussi entrer dans la course. Oracle, déjà bien positionné dans les services aux entreprises, pourrait voir dans Chrome une porte d’entrée vers une meilleure intégration utilisateur et une valorisation accrue de ses outils analytiques. Samsung, avec sa forte présence dans le mobile, aurait également intérêt à intégrer un navigateur aussi populaire à ses appareils.

Cependant, les obstacles sont nombreux. Les autorités antitrust risquent de refuser toute vente à un géant déjà dominant dans un secteur adjacent. Microsoft, Apple ou même Amazon disposent des moyens financiers nécessaires, mais leur implication serait difficile à faire passer auprès des régulateurs, compte tenu des risques de concentration.

Le juge Amit Mehta, en charge du dossier, a jusqu’au 5 septembre 2025 pour rendre sa décision. Entre-temps, les spéculations vont bon train. Si la vente de Chrome devait être imposée, elle marquerait une rupture historique dans l’écosystème numérique et pourrait redessiner durablement l’équilibre des forces sur le Web.

Source : Bloomberg, Reuters, Clubic

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Un commentaire

  1. D’apprêt vous, est-ce que cela pourrait avoir un impact sur la marque déposée de Chromium et leurs Chromebook?

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