
Un vent de changement souffle sur les habitudes d’achat en ligne des Québécois. Selon la plus récente enquête NETendances menée par l’Académie de la transformation numérique de l’Université Laval, près des trois quarts des internautes (73 %) disent avoir réduit ou complètement cessé leurs achats auprès de marchands américains.
Amazon, longtemps dominant, voit son emprise s’effriter. En mars 2025, 17 % des personnes sondées affirmaient boycotter la plateforme, et 32 % disaient y faire moins d’achats. Fait notable, l’abonnement Amazon Prime aurait reculé de 38 % à 29 % en un peu plus d’un an.
Cette évolution coïncide avec une montée de la sensibilité au commerce local et aux considérations environnementales. Plusieurs consommateurs québécois affirment désormais privilégier les achats auprès de marchands situés au Canada ou proposant des politiques de livraison plus écoresponsables. Ces nouvelles attentes pourraient remodeler l’offre en ligne locale dans les mois à venir.
Pendant ce temps, des plateformes d’importation directe en provenance de Chine, telles que Temu, Shein, Wish ou AliExpress, gagnent du terrain. Temu s’impose même comme le deuxième marchand en ligne au Québec, derrière Amazon mais devant Walmart. Cette percée est particulièrement marquée chez les femmes et les 18-34 ans. Le prix reste la principale motivation pour magasiner sur ces sites, mais les stratégies marketing basées sur l’algorithme et la ludification soulèvent des questions sur les réelles économies réalisées.
L’effet viral des réseaux sociaux joue également un rôle dans la montée en popularité de ces plateformes asiatiques. Des contenus TikTok ou Instagram mettant en scène des “hauls” d’achats bon marché contribuent à normaliser, voire encourager, l’achat impulsif sur ces sites. Cette dynamique influence particulièrement les plus jeunes consommateurs, pour qui l’expérience d’achat est aussi sociale que transactionnelle.
Autre critère déterminant pour les acheteurs québécois : la livraison gratuite. Près de 80 % adoptent des stratégies pour éviter les frais, que ce soit en choisissant uniquement des marchands qui l’offrent ou en ajoutant des articles pour atteindre le minimum requis. Ce facteur est d’ailleurs la principale raison d’adhésion à un programme de fidélité, devant tous les autres.
En parallèle, l’enquête souligne que l’expérience d’achat en ligne est largement dominée par des considérations de commodité. Malgré une plus grande visibilité des enjeux sociaux et environnementaux, ceux-ci influencent encore peu le choix d’un marchand. La rapidité de livraison et l’absence de friction dans le parcours d’achat priment sur la confiance ou les valeurs de l’entreprise.
Enfin, un autre élément majeur transforme le paysage : l’usage généralisé du téléphone intelligent. En 2024, 78 % des détenteurs d’un téléphone ont effectué au moins un achat en ligne, contre seulement 33 % chez ceux qui n’en possèdent pas. Ce canal favorise les achats impulsifs, soutenus par des applications de plus en plus conviviales, des solutions de paiement rapide et l’influence omniprésente des réseaux sociaux.
À travers ces données, une tendance claire se dessine : les cyberconsommateurs québécois deviennent plus sélectifs, plus stratégiques, et manifestement plus critiques face aux géants étrangers. Entre nouvelles plateformes, enjeux de prix et de livraison, et remise en question des abonnements payants, le commerce en ligne au Québec entre dans une nouvelle phase d’évolution.
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Tous les jours de la semaine, du lundi au vendredi, Bruno Guglielminetti vous propose un regard sur l’essentiel de l’actualité numérique avec 120 secondes de tech
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