
Microsoft poursuit sa transformation en entreprise « augmentée par l’intelligence artificielle ». Mais cette mutation a un coût humain : plus de 6 000 postes ont été supprimés cette semaine, principalement parmi les ingénieurs. Derrière ces suppressions d’emplois, c’est une stratégie assumée d’automatisation qui se dessine, et qui touche désormais tous les secteurs de l’entreprise.
Selon plusieurs employés actuels et anciens, les dirigeants de Microsoft poussent activement à l’utilisation accrue de l’IA pour améliorer la productivité. À titre d’exemple, Jeff Hulse, un vice-président supervisant 400 ingénieurs, aurait demandé à ses équipes que la moitié du code soit désormais générée par un robot conversationnel, une hausse significative par rapport aux 20 à 30 % actuels.
Cette dynamique s’inscrit dans la logique du « customer zero » adoptée par Microsoft : démontrer à ses clients professionnels l’efficacité de ses propres outils d’IA en les appliquant à ses propres effectifs. La division Recherche est elle aussi concernée, avec des outils capables de résumer des jeux de données ou de générer des prototypes logiciels en quelques heures.
Du côté du service à la clientèle, un agent conversationnel baptisé Help Agent est en développement pour répondre automatiquement aux questions techniques des utilisateurs. Ce projet pourrait à terme réduire considérablement le nombre de postes de soutien client, comme le laissent déjà présager les licenciements récents dans les équipes de Redmond (État de Washington) et de Dublin.
Même les équipes commerciales sont appelées à élargir leur champ d’expertise grâce à l’IA. Le Research Copilot, accessible en interne, aide les représentants à se former rapidement sur l’ensemble des produits de la marque, tandis que Operations Copilot leur permet de reprendre un dossier client en consultant des résumés de réunions passées.
Parmi les personnes touchées par cette vague de licenciements, Gabriela de Queiroz, jusqu’à récemment directrice de l’IA chez Microsoft, a confirmé son départ sur le réseau X. Dans un message empreint d’émotion, elle se dit « bouleversée » par la mise à pied de « tant de personnes talentueuses », tout en exprimant son optimisme pour l’avenir. « On nous a demandé d’arrêter immédiatement, mais j’ai choisi de rester un peu plus longtemps, pour dire au revoir et terminer ce que je pouvais », écrit-elle.
Microsoft assure que ces changements visent une meilleure efficience et non le remplacement pur et simple des employés. Mais dans les faits, l’adoption rapide d’outils d’IA semble peser lourdement sur les postes considérés comme facilement automatisables, en particulier les postes juniors.
En mars dernier, Satya Nadella tentait de rassurer : « Oui, une partie du travail cognitif peut être automatisée. Mais il y aura aussi de nouveaux types de travail cognitif à inventer. » Reste à voir si ces nouveaux métiers suffiront à compenser ceux qui disparaissent.
Source : The Information, Economic Times, Information week
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Ce qui me fait rire, c’est d’entendre les grands dirigeants déclarer avec le plus grand sérieux que l’IA ne remplacera pas l’humain, mais l’assistera chaque fois que la menace de suppression d’emplois est évoquée. On voit le résultat ici. Et ce n’est que le début.