La Chine dévoile le premier inspecteur nucléaire basé sur l’IA

La Chine affirme avoir développé une technologie unique au monde : un système d’IA capable d’identifier un véritable ogive nucléaire parmi des leurres, sans en dévoiler les secrets de fabrication. Un outil à visée diplomatique, mais qui soulève d’importantes questions de sécurité.

C’est dans une publication scientifique parue en avril que des chercheurs de l’Institut chinois de l’énergie atomique (CIAE), affilié à la China National Nuclear Corporation, ont révélé les détails d’un système inédit d’inspection basé sur l’intelligence artificielle. Cette IA, capable de distinguer avec une précision remarquable les composants d’une véritable arme nucléaire de ceux d’un faux, pourrait devenir un outil central pour les futurs traités de désarmement… à condition qu’elle soit acceptée.

Le projet s’appuie sur un protocole proposé il y a plus de dix ans par des chercheurs américains et chinois. Pour fonctionner, le système combine simulations Monte Carlo, apprentissage profond et une architecture complexe de cryptographie. Il a été entraîné à analyser des flux de neutrons émis par différents matériaux, uranium enrichi, plomb ou encore uranium faiblement enrichi, sans jamais voir directement l’arme.

Pour éviter toute fuite d’information sensible, une cloison en polyéthylène percée de 400 trous est placée entre le système d’inspection et l’ogive. Les signaux de radiation sont ainsi brouillés, mais suffisamment intacts pour permettre une analyse fiable. L’IA ne sait donc rien de la conception de l’arme, mais peut certifier son authenticité. Les chercheurs affirment que, combinée à plusieurs vérifications aléatoires, cette méthode réduit presque à néant les risques de supercherie.

Ce développement survient dans un contexte de blocage diplomatique. Les négociations sino-américaines sur le désarmement nucléaire sont à l’arrêt, Pékin dénonçant des écarts trop importants entre les arsenaux (600 ogives côté chinois contre près de 3 750 pour les États-Unis) et des procédures de vérification jugées intrusives.

L’initiative chinoise pourrait relancer le débat. Contrairement aux systèmes occidentaux actuels, qui reposent sur des “barrières d’information” complexes et peu transparentes, la Chine propose un codage et un entraînement de l’IA en partenariat avec la partie inspectrice. Une fois finalisé, le logiciel serait “scellé” avant son utilisation.

Mais les craintes demeurent. À l’heure où l’IA est de plus en plus présente dans les infrastructures militaires, bien que bannie des décisions de lancement nucléaire par les grandes puissances, , cette percée technologique interpelle. Si elle ouvre la voie à une coopération inédite, elle pourrait tout autant alimenter la méfiance sur fond de rivalité technologique.

Source : SCMP

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