
À l’occasion du 70e anniversaire de Disneyland cet été, la compagnie Walt Disney a décidé de rendre hommage à son fondateur en introduisant un animatronique de Walt Disney lui-même dans un nouveau spectacle intitulé Walt Disney – A Magical Life. Présenté à l’Opera House de Main Street, ce robot parlera avec la voix de Disney, grâce à des extraits de ses discours, et se tiendra debout comme Abraham Lincoln dans l’attraction voisine. Une prouesse technique ? Sans doute. Mais pas sans controverse.
Joanna Miller, petite-fille de Walt Disney, a fait entendre une voix dissonante dans ce concert d’autocélébration. Dans un message Facebook devenu viral, elle a dénoncé ce qu’elle appelle une « déshumanisation » de son grand-père, affirmant qu’il n’aurait jamais voulu être représenté de cette façon. Elle décrit la figure comme un « robotique grampa » incapable de saisir la spontanéité et l’émotion authentique de l’homme qu’elle a connu.
Invitée à voir l’animatronique en privé, Miller admet avoir été émue aux larmes, non par admiration, mais par déception. « Ce n’était pas lui », dit-elle. Et si plusieurs membres de la famille ont approuvé le projet, elle affirme parler au nom de sa mère, Diane Disney Miller, et de son grand-père. Elle demande à la compagnie d’établir des règles claires sur la manière de représenter Walt Disney à l’avenir.
Si Miller s’exprime publiquement aujourd’hui, c’est aussi parce qu’elle s’inquiète du précédent que cette décision pourrait créer. Pour elle, utiliser la technologie pour raviver artificiellement une personnalité réelle ouvre la porte à une forme de reconstitution posthume qui brouille les frontières entre hommage et exploitation. Elle estime que cette logique pourrait un jour toucher d’autres figures historiques ou culturelles, sans leur consentement explicite.
Du côté de Disney, on se défend en affirmant qu’aucune preuve écrite n’indique que Walt Disney s’opposait à une telle représentation, et que l’intention est de faire connaître la personne derrière l’icône à une nouvelle génération qui ne l’a jamais vue à la télévision. Mais pour Miller, c’est un faux pas. Selon elle, mieux vaudrait diffuser les émissions originales de Disney sur Disney+ que de le figer dans une version robotisée.
Au cœur du débat : une tension entre mémoire familiale et héritage corporatif. Car même si la famille a vendu les droits d’image de Walt Disney à l’entreprise en 1981, elle continue de ressentir un lien intime et légitime avec l’homme derrière la marque. Joanna Miller, tout en admettant qu’elle ne pourra pas changer la décision de l’entreprise, entend au moins garder vivant le souvenir du « vrai Walt » — celui qui signait des autographes pour faire plaisir, mais savait aussi s’éclipser pour passer du temps avec ses petits-enfants.
Source : LATimes
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