
Amazon est sur le point d’atteindre un jalon majeur dans son virage technologique : ses entrepôts abritent désormais plus d’un million de robots, un chiffre quasi équivalent à celui de ses employés humains, selon un reportage du Wall Street Journal. L’entreprise, qui emploie environ 1,56 million de personnes dans le monde, voit ainsi ses installations se transformer en véritables usines automatisées.
Des bras robotisés, des plateformes mobiles autonomes et des systèmes de tri automatisés accomplissent désormais une grande partie des tâches répétitives : déplacer des articles, préparer des commandes, ou trier des colis. Le robot Vulcan, doté d’un sens du toucher, peut même sélectionner des articles de façon plus fine et précise.

Amazon affirme que 75 % de ses livraisons sont désormais assistées par la robotique. Cette automatisation vise à augmenter la productivité tout en atténuant les effets d’un fort roulement de personnel. Dans certains cas, elle permet aussi une montée en compétence des employés vers des postes plus qualifiés, comme la surveillance des systèmes robotisés ou la maintenance.
Au cœur de cette évolution, l’intelligence artificielle joue un rôle central. Le PDG Andy Jassy a confirmé que l’IA est utilisée pour optimiser la gestion des stocks, prédire la demande et coordonner les mouvements des robots. Cette synergie entre robotique et IA permettrait à Amazon d’envisager une réduction progressive de sa main-d’œuvre tout en maintenant, voire en améliorant, ses délais de livraison.

À Shreveport, en Louisiane, son centre de 3 millions de pieds carrés incarne cette nouvelle ère. Plus de 70 bras robotisés y trient et déplacent les produits, réduisant de 25 % le temps de traitement des commandes. Selon Amazon, plus de 700 000 travailleurs ont été formés à travers le monde pour occuper ces nouveaux rôles liés à la robotique.
La stratégie d’Amazon pourrait également influencer profondément les chaînes d’approvisionnement à l’échelle mondiale. En réduisant le recours à la main-d’œuvre pour les opérations logistiques, l’entreprise gagne en résilience face aux fluctuations du marché du travail et aux interruptions comme celles causées par les pandémies. Cette indépendance accrue vis-à-vis des contraintes humaines redéfinit peu à peu le modèle d’entrepôt moderne.
Mais cette automatisation de masse soulève aussi des inquiétudes. Si certains responsables d’Amazon affirment que ces machines viennent en soutien des employés, des groupes de défense des travailleurs, comme le Warehouse Worker Resource Center, s’inquiètent de l’impact à long terme sur l’emploi, surtout dans les installations les plus automatisées.
L’entreprise teste même des robots humanoïdes, encore à l’état de prototype, capables d’effectuer des tâches simples comme déplacer des contenants. Pour Amazon, la prochaine étape consistera à intégrer des systèmes d’IA capables de répondre à des commandes vocales dans ses installations. Une transformation du monde du travail qui, visiblement, ne fait que commencer.
Source : WSJ
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