
Annoncée il y a deux ans par Amazon, Alexa Plus est désormais en déploiement dans plusieurs millions de foyers. Cette nouvelle version de l’assistante vocale repose sur une intelligence artificielle générative, censée la rendre plus naturelle, plus utile, et surtout plus humaine. Jennifer Pattison Tuohy, journaliste chez The Verge, a passé 24 heures avec cette nouvelle Alexa. Verdict : des progrès impressionnants… mais aussi des ratés notables.
Dans son test, Tuohy souligne d’abord une interaction vocale plus fluide. Alexa Plus comprend mieux les requêtes même formulées avec hésitation ou changement de ton. Lorsqu’elle cuisine, la journaliste demande une recette de tacos au saumon. Alexa ne se contente pas de réciter les étapes : elle les lit au fur et à mesure, répond aux questions contextuelles et affiche les informations en mode conversationnel sur l’écran Echo Show. Une vraie amélioration comparée à l’ancienne Alexa, souvent rigide et oublieuse. Pourtant, tout n’est pas parfait : elle se trompe sur la quantité de crème sure, puis prétend que l’information n’existait pas.
Les limites de l’IA apparaissent encore plus nettement lorsqu’Alexa donne de fausses informations tarifaires sur des billets pour Dollywood, un parc d’attractions au Tennessee. Alors que l’assistante annonce un forfait de deux jours à 84 $ US, Tuohy découvre qu’il en coûte plutôt 122 $ US. « Une voix dans votre maison qui vous ment frappe plus fort qu’un robot conversationnel sur écran », écrit-elle. Amazon reconnaît d’ailleurs que l’accès à l’information en temps réel reste une faiblesse.
L’une des fonctions les plus prometteuses d’Alexa Plus, selon Jennifer Pattison Tuohy, réside dans sa capacité à contrôler intelligemment l’écosystème domotique. Lorsqu’elle demande d’ajuster l’éclairage, la température et la musique à une heure précise chaque soir, Alexa propose automatiquement deux routines distinctes : une planifiée et une déclenchable à la voix. Cette initiative montre une compréhension contextuelle plus poussée, même si elle reste limitée par la rigidité du système de déclenchement des routines existant chez Amazon.
Alexa Plus introduit aussi une nouvelle interface visuelle, notamment sur les écrans Echo Show 21 et 15. Les widgets y sont plus interactifs, les calendriers plus lisibles et les commandes domotiques simplifiées. Toutefois, la journaliste note que sur les plus petits modèles comme le Show 5, l’espace est mal exploité. Elle regrette également que la transcription complète des échanges prenne trop de place à l’écran, au détriment d’une navigation plus claire et intuitive.
Enfin, l’expérience soulève des questions éthiques et sociales. En donnant une voix crédible à une machine capable d’émettre des réponses erronées avec assurance, Amazon introduit une zone grise dans la confiance qu’on peut accorder à une IA domestique. À mesure que ces assistants prennent plus de place dans nos foyers, la frontière entre aide utile et autorité perçue devient floue. C’est cette ambiguïté, conclut Tuohy, qui pourrait devenir le principal défi d’Alexa Plus.
Sur le volet domotique, Alexa Plus fait mieux que ses concurrentes. Elle permet de créer des routines par simple commande vocale, contrôle plusieurs appareils en une seule demande, et élimine l’obligation de répéter son nom à chaque interaction. Cependant, l’intégration avec certaines routines existantes reste capricieuse, notamment avec des appareils tiers comme la cafetière Bosch de la journaliste.
Autre nouveauté marquante : la personnalité accrue d’Alexa Plus. Pour Tuohy, cela change la dynamique à la maison. Sa fille de 14 ans a d’ailleurs réagi avec surprise à la nouvelle voix d’Alexa, la jugeant presque trop humaine. L’assistante vocale n’est plus un outil passif, mais une entité qui discute, suggère, voire improvise.
Après une seule journée, la journaliste de The Verge se dit impressionnée. Alexa Plus représente une avancée importante, mais pas encore pleinement maîtrisée. Plus expressive, plus proactive, mais aussi plus imprévisible, elle amorce un changement de paradigme : celui d’une IA qui habite la maison et non plus seulement l’anime.
Source : The Verge
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