Première mondiale : un robot réalise une opération chirurgicale de façon autonome

C’est un jalon dans l’histoire de la médecine robotisée. Aux États-Unis, un robot chirurgical baptisé SRT-H a réalisé une ablation complète de la vésicule biliaire de manière autonome, sans intervention manuelle humaine. L’événement, rapporté dans Science Robotics et validé par des chercheurs de la Johns Hopkins University et de Stanford, marque une avancée spectaculaire dans l’autonomie des systèmes médicaux.

Contrairement à la chirurgie assistée par robot, où l’humain reste aux commandes, SRT-H a géré seul chaque étape de l’intervention : identifier les canaux biliaires, poser des clips, manipuler des ciseaux, s’adapter à l’anatomie du patient, le tout en temps réel. Si l’équipe supervisait l’opération et pouvait émettre des instructions vocales générales, aucune manipulation directe n’a été nécessaire.

Ce robot repose sur une architecture hiérarchique novatrice combinant apprentissage par imitation et compréhension du langage. Il a été formé à partir de milliers de vidéos chirurgicales, puis affiné pour répondre à des commandes comme « ouvre la pince gauche » ou « déplace le bras droit vers la gauche ». En tout, il est capable de générer 18 types de corrections, ce qui lui permet de réagir intelligemment aux imprévus du bloc opératoire.

Les tests ont été concluants. Bien que plus lent qu’un chirurgien expérimenté, le robot a atteint un taux de précision de 100 % lors de l’intervention. Et pour mettre ses réflexes à l’épreuve, les chercheurs ont ajouté du colorant simulant le sang pour brouiller les repères visuels habituels. Résultat : SRT-H s’en est tiré sans erreur, démontrant une réelle capacité d’adaptation.

Pour Axel Krieger, l’un des co-auteurs de l’étude, « cette percée nous rapproche d’un robot capable non seulement d’exécuter une tâche, mais de comprendre la procédure et de prendre des décisions au fil de l’intervention. » Une comparaison éclairante est proposée : « C’est comme passer d’une voiture télécommandée à une voiture autonome capable de naviguer dans un trafic imprévisible. »

L’équipe de recherche avait déjà mené des tests sur des tâches simples comme la suture ou le prélèvement de tissu. Cette fois, elle s’est attaquée à une intervention chirurgicale complète, composée de 17 étapes critiques. Le robot devait identifier les bons tissus, effectuer les gestes nécessaires et gérer des transitions complexes, ce qu’il a fait avec succès.

Prochaine étape : étendre les capacités de SRT-H à d’autres interventions chirurgicales. L’objectif n’est pas de remplacer les chirurgiens, insistent les chercheurs, mais de leur offrir un outil capable d’assister, de suppléer ou d’intervenir en milieu isolé, là où aucun spécialiste n’est disponible. La chirurgie du futur se profile : plus autonome, plus intelligente, et peut-être un jour, plus accessible.

Source : Science.org

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