
Substack a voulu savoir où en est vraiment l’adoption de l’IA parmi ses créateurs. Pour y voir clair, la plateforme a sondé plus de 2 000 de ses éditeurs ( écrivains, artistes, podcasteurs et vidéastes ) afin de mieux comprendre comment l’IA transforme leur travail. Le rapport, publié le 24 juillet, révèle une adoption en progression, mais teintée de prudence, de curiosité et de préoccupations éthiques.
Près de la moitié des répondants (45,4 %) utilisent déjà des outils d’IA. Une majorité d’entre eux sont des hommes de 45 ans et plus, actifs dans des catégories comme la technologie, les affaires ou la finance. Mais plutôt que de confier la rédaction complète de leurs textes à des robots conversationnels, ces utilisateurs s’en servent avant tout pour améliorer leur productivité : recherche, correction, résumé, organisation d’idées. L’IA devient ici un assistant, pas un auteur.
Cette enquête révèle également un écart générationnel dans les usages. Les éditeurs de moins de 45 ans privilégient l’IA pour des fonctions créatives comme l’idéation, l’aide à l’écriture ou la traduction, tandis que leurs aînés s’en servent davantage pour des tâches analytiques et la génération d’images. Cette dynamique suggère que la perception de l’IA varie selon l’expérience professionnelle et le rapport personnel à l’écriture : certains y voient un partenaire de création, d’autres un outil de soutien logistique.
L’usage de l’IA s’avère aussi déterminant pour des créateurs vivant avec des handicaps. Plusieurs témoignages évoquent son rôle dans la compensation de troubles cognitifs, notamment le TDAH, la dyslexie ou la cécité. Pour ces auteurs, l’IA représente un levier d’accessibilité inédit, leur permettant de s’exprimer avec fluidité sur une plateforme dominée par l’écrit.
Les outils les plus utilisés ? Sans surprise, ChatGPT arrive largement en tête, cité par 8 utilisateurs d’IA sur 10. Claude, Grammarly et l’outil de recherche Perplexity suivent de loin. Les outils de génération d’images ou de vidéos comme Midjourney ou Runway ML restent encore marginaux.
Par ailleurs, plusieurs éditeurs interrogés ont exprimé un besoin croissant d’outils propulsés par l’IA capables de mieux analyser les comportements de leur public. Loin des simples fonctions d’édition ou de génération de texte, cette demande concerne des fonctionnalités avancées d’analyse d’audience, d’optimisation de contenu et de prévision d’engagement. Autrement dit, au-delà de la plume, les créateurs cherchent à mobiliser l’IA pour mieux comprendre, fidéliser et développer leur lectorat.
Malgré cet engouement, plus de la moitié des utilisateurs d’IA admettent nourrir des inquiétudes. Perte de style personnel, dépendance aux outils, risques de plagiat et exploitation non consentie de leurs œuvres originales pour entraîner des modèles d’IA sont autant de préoccupations exprimées. Du côté des créateurs qui n’utilisent pas l’IA (52,6 %), les réserves sont encore plus vives, souvent motivées par des principes éthiques ou une volonté de préserver la créativité humaine comme un exercice exigeant.
Ce clivage entre les adeptes et les sceptiques annonce un avenir où l’IA ne sera ni omniprésente ni absente, mais modulée selon les valeurs, les besoins et les contraintes de chaque créateur. Pour beaucoup, le contenu écrit de main humaine pourrait devenir une forme de produit culturel « premium », à contre-courant d’un flot grandissant de textes générés automatiquement.
Substack conclut en appelant à une conversation continue entre ses éditeurs sur les usages, les limites et les choix transparents autour de l’intelligence artificielle. Car au fond, il ne s’agit pas de choisir entre IA et créativité humaine, mais d’apprendre à conjuguer les deux intelligemment.
Source : Substack
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