
Selon un reportage de The Information, Tesla est très en retard sur l’objectif public d’Elon Musk de produire 5 000 robots humanoïdes Optimus d’ici la fin de l’année. À ce jour, seuls quelques centaines d’unités auraient été fabriquées, ce qui implique une accélération spectaculaire si Tesla souhaite atteindre sa cible. Ce constat met en lumière l’écart persistant entre les promesses d’innovation du dirigeant et les réalités industrielles du constructeur.
Cette ambition survient dans un contexte morose pour le constructeur automobile, dont les revenus ont chuté de 12 % au deuxième trimestre. Le patron de Tesla multiplie les déclarations ambitieuses, prévoyant un million de robots produits par an d’ici 2030 et une valorisation de l’entreprise portée à 25 000 milliards de dollars grâce à Optimus, soit plus de 26 fois sa valeur actuelle.
Mais entre la vision et la réalité, le chemin est semé d’embûches. Le développement des mains humanoïdes, essentielles à la polyvalence promise d’Optimus, reste un obstacle majeur. Tesla continue de peaufiner ces composants critiques, au point que certains modèles attendent encore bras et avant-bras pour être fonctionnels. Le programme, mené dans une grande opacité même au sein de Tesla, mobilise plusieurs centaines de personnes, mais leurs identités sont absentes de l’organigramme officiel.
Le départ en juin de Milan Kovac, responsable de l’ingénierie Optimus, a fragilisé davantage le programme. Son remplaçant, Ashok Elluswamy, jusqu’ici à la tête de l’intelligence artificielle chez Tesla, doit désormais assurer la continuité tout en défendant l’entreprise contre une plainte déposée contre une startup accusée de vol de secrets industriels liés aux mains robotiques.
Depuis les premières démonstrations spectaculaires, comme celle d’un robot servant du popcorn lors de l’ouverture d’un restaurant Tesla à Los Angeles, jusqu’aux tests dans les usines de Fremont et Palo Alto, la communication autour d’Optimus repose largement sur des effets de scène. Des vidéos montrant le robot figé ou maladroit lors d’événements alimentent cependant le scepticisme.
L’histoire d’Optimus, débutée en 2021, est née autant d’un projet d’innovation que d’une stratégie RH : garder les talents une fois la conduite autonome atteinte. Mais trois ans plus tard, l’intégration entre les équipes d’Autopilot et d’Optimus ne suffit pas à lever les doutes sur la pertinence technologique et commerciale du projet.
En interne, certains ingénieurs estiment que des pinces intelligentes suffiraient à accomplir la majorité des tâches ciblées, notamment en usine. Musk, lui, maintient une vision domestique et martienne de ses robots : en 2027, un Optimus devrait être envoyé sur Mars à bord d’un vaisseau SpaceX pour y planter le drapeau américain.
À ce jour, malgré un noyau dur d’investisseurs conquis par la perspective, comme Gavin Baker d’Atreides Management, les marchés restent prudents. Depuis janvier, l’action Tesla a perdu 24 %. Le grand test aura lieu en novembre lors de l’assemblée des actionnaires, où Musk promet une présentation entourée d’une chorégraphie de robots Optimus. En espérant, cette fois, qu’aucun ne tombe en panne.
Source : The Information
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