Les promesses d’Elon Musk sur la conduite autonome rattrapées par la justice

Credit : ChatGPT

Depuis près de dix ans, Elon Musk assure que les voitures Tesla sont capables de se conduire seules. Or, malgré les annonces répétées, la réalité technologique n’a jamais rejoint ces ambitions. Désormais, la justice et les régulateurs commencent à demander des comptes.

Un juge fédéral de San Francisco vient d’autoriser une action collective de propriétaires de Tesla qui accusent Musk et son entreprise d’avoir exagéré les capacités de conduite autonome de leurs véhicules depuis 2016. Cette décision s’ajoute à un verdict rendu à Miami ce mois-ci : un jury a estimé que Tesla portait une part de responsabilité dans un accident mortel survenu en 2019 alors que la fonction Autopilot était activée, condamnant la société à verser 243 millions de dollars de dommages.

Par ailleurs, le département des véhicules motorisés de Californie poursuit le constructeur pour avoir induit les consommateurs en erreur. Si la justice lui donnait raison, Tesla pourrait perdre temporairement sa licence de vente dans son principal marché américain.

Ces procédures fragilisent le discours de Musk, qui continue de présenter Tesla comme un chef de file de l’intelligence artificielle et de la conduite autonome, alors même que des concurrents comme Waymo, filiale d’Alphabet, exploitent déjà des robotaxis commerciaux dans plusieurs grandes villes américaines. Les propres tests de Tesla à Austin, lancés en juin, nécessitent toujours des conducteurs de sécurité et une supervision à distance.

Les promesses non tenues s’accumulent : Musk avait annoncé un million de robotaxis pour 2020, et prédit que les propriétaires pourraient générer jusqu’à 30 000 dollars par an grâce à ce réseau. Non seulement cela ne s’est jamais matérialisé, mais la valeur de revente des Tesla est en baisse, la plus forte parmi les grandes marques en 2025.

Face aux tribunaux, l’entreprise tente de minimiser les propos de Musk en les qualifiant de simples exagérations publicitaires. Mais les experts rappellent que dans l’industrie automobile, de tels écarts de langage sont rares, compte tenu des enjeux de sécurité. Selon le site indépendant Tesladeaths.com, 59 décès seraient liés à l’usage d’Autopilot ou du Full Self-Driving.

L’action collective à San Francisco, le verdict de Miami et les poursuites en Californie pourraient bien marquer un tournant : celui où les promesses répétées de Musk cessent d’être vues comme de la communication ambitieuse et commencent à peser lourdement sur la réputation et potentiellement sur l’avenir de Tesla.

+++

Tous les jours de la semaine, du lundi au vendredi, Bruno Guglielminetti vous propose un regard sur l’essentiel de l’actualité numérique avec 120 secondes de Tech.


En savoir plus sur Mon Carnet

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire