
Le Canada s’apprête à accueillir l’un des plus grands rendez-vous mondiaux consacrés à l’intelligence artificielle. Les 24 et 25 septembre, le Palais des congrès de Montréal sera l’hôte d’ALL IN 2025, troisième édition de l’événement initié par Scale AI et organisé en collaboration avec Mila. Plus de 6 000 participants de près de 40 pays sont attendus, dont des dirigeants d’entreprise, des chercheurs, des responsables politiques et des innovateurs. L’événement se veut un carrefour pour l’écosystème canadien de l’IA, avec une programmation ambitieuse réunissant plus de 200 conférenciers.
Cette édition mettra en lumière des figures incontournables du secteur : Yoshua Bengio (Mila, LoiZéro), Arthur Mensch (Mistral AI), Aidan Gomez et Nick Frosst (Cohere), Mike Murchison (Ada), ainsi que des dirigeants de NVIDIA, AMD, Hugging Face, Airbus et Deloitte. Du côté politique, les ministres Mélanie Joly, Evan Solomon et Joël Lightbound prendront part aux discussions sur l’avenir de l’IA au Canada et son rôle dans la compétitivité économique.
Au-delà des conférences, ALL IN 2025 se distingue par une série d’expériences et de démonstrations. L’événement présentera les 100 meilleures jeunes pousses canadiennes en IA, des pavillons thématiques sur l’infrastructure et la cybersécurité, ainsi qu’une zone démo dédiée à des cas d’usage concrets. Une expérience immersive de jumeau numérique sera également proposée, en plus d’ateliers pratiques et d’un défi AgriTech.
Les thématiques couvriront cinq grands axes : société et économie, transformation d’entreprise, données et innovation, avenir du travail et durabilité. Selon Julien Billot, directeur général de Scale AI, l’événement est conçu pour « accélérer l’adoption de l’IA dans tous les secteurs et soutenir l’émergence de solutions porteuses ».
Pour Montréal, l’événement représente aussi une vitrine internationale. La mairesse Valérie Plante rappelle que la métropole, avec ses universités, ses chercheurs et ses entreprises technologiques, est désormais reconnue comme un pôle incontournable de l’innovation en IA.
Avec le soutien de plus de 150 partenaires publics et privés, ALL IN entend consolider le positionnement du Canada comme chef de file mondial en intelligence artificielle. Pour les organisateurs, l’événement n’est pas seulement une conférence, mais une mobilisation collective destinée à transformer les ambitions canadiennes en réalisations concrètes.
Source : ALL IN
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« Consolider le positionnement du Canada comme chef de file mondial en intelligence artificielle ».
Le travail fait sur le développement de l’intelligence artificielle dans les universités montréalaises et la présence d’acteurs d’importance comme Yoshua Bengio font-ils réellement du Canada le chef de file mondial en intelligence artificielle ? Voyant tout ce qui a été accompli au cours des dernières années aux États-Unis, et plus récemment en Chine, quelle est la contribution du Canada dans ce domaine pour qu’il se voie attribuer un tel qualificatif ?
Merci pour votre question. Le qualificatif de « chef de file mondial » appliqué au Canada en intelligence artificielle repose surtout sur la recherche fondamentale et sur l’écosystème académique qui s’est développé ici depuis plus de vingt ans. Montréal, avec Yoshua Bengio et le Mila, mais aussi Toronto avec Geoffrey Hinton et Edmonton avec Richard Sutton, a joué un rôle déterminant dans l’émergence de l’apprentissage profond, une technologie qui est aujourd’hui au cœur des modèles d’IA utilisés dans le monde entier.
La contribution canadienne se situe donc moins sur le plan commercial, où les États-Unis et la Chine dominent largement grâce à leurs géants technologiques, que sur celui de la recherche, de la formation et de l’encadrement éthique de l’IA. Le Canada a aussi été l’un des premiers pays à se doter d’une stratégie nationale en intelligence artificielle en 2017, et continue d’investir dans des centres de recherche, des chaires universitaires et des initiatives publiques-privées.
Bref, si les États-Unis et la Chine mènent la course sur l’application industrielle et la puissance de calcul, le Canada conserve une influence importante en matière de recherche scientifique, de talents formés localement et de réflexion sur la gouvernance de l’IA. C’est cette combinaison qui explique pourquoi on parle souvent du Canada comme d’un leader dans le domaine.