Sam Altman s’inquiète de la “théorie de l’internet mort”

Le patron d’OpenAI, Sam Altman, a relancé la semaine dernière un vieux concept conspirationniste : la « dead internet theory ». Dans un message publié sur X, il reconnaît qu’il commence à craindre que cette hypothèse devienne réalité, notant l’explosion de comptes automatisés gérés par des modèles d’intelligence artificielle.

La théorie en question suggère que la majorité des contenus circulant en ligne ne proviennent plus d’humains, mais de robots et d’algorithmes. Longtemps perçue comme une exagération digne des récits creepypasta, elle trouve aujourd’hui un écho face à la multiplication des robots conversationnels, des générateurs de texte et des faux profils.

Or, les critiques ne se sont pas fait attendre. De nombreux internautes ont rappelé qu’Altman lui-même est l’architecte de ChatGPT, l’outil le plus populaire de ce genre. Pour beaucoup, il apparaît paradoxal qu’il dénonce un phénomène qu’il a largement contribué à amplifier.

Au-delà de l’ironie, l’anxiété soulevée par ce débat reflète une inquiétude croissante : celle d’un web saturé de contenus artificiels, au point de brouiller la frontière entre l’authentique et le généré. Les expériences récentes de Meta avec des avatars pilotés par IA, ou encore les dérives du robot Grok sur X, n’ont fait qu’alimenter ce sentiment d’un internet de plus en plus artificiel.

Reste que la sortie d’Altman illustre une contradiction : si l’internet semble “mourir” sous le poids des machines, c’est aussi parce que l’industrie qu’il incarne y a trouvé un formidable terrain de croissance. L’alerte qu’il lance apparaît donc moins comme une révélation que comme un miroir tendu à ses propres innovations.

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