En France, TikTok dans le viseur de l’Assemblée nationale après un rapport alarmant

La semaine derniere en France, l’Assemblée nationale a rendu public un rapport très attendu sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs. Fruit de plusieurs mois d’enquête, ce travail mené par une commission présidée par Arthur Delaporte et rapporté par Laure Miller dresse un constat sévère : la plateforme chinoise représente un danger réel pour la santé mentale des jeunes.

Les députés soulignent la diffusion massive de contenus nocifs (incitations au suicide, troubles alimentaires, discours haineux, violences, désinformation médicale) amplifiés par un algorithme conçu pour maximiser l’attention et la dépendance. TikTok est décrit comme un « amplificateur mortifère » de troubles préexistants, avec des conséquences sur le sommeil, la concentration et le développement social des adolescents.

La commission a auditionné plus de 65 experts, chercheurs, associations de parents, psychologues, représentants institutionnels mais aussi TikTok et d’autres grandes plateformes. Les témoignages convergent : malgré des garde-fous théoriques (interdiction avant 13 ans et limitation avant 15 ans), l’âge des utilisateurs est rarement vérifié et la modération des contenus reste largement insuffisante.

Parmi ses 45 recommandations, la commission propose d’imposer au niveau européen un contrôle effectif de l’âge à l’inscription, assorti de sanctions contre les plateformes défaillantes. Elle souhaite aussi interdire l’accès aux réseaux sociaux avant 15 ans, renforcer la transparence des algorithmes et adapter les systèmes de recommandation en fonction de l’âge des utilisateurs. Sur le plan sanitaire, les députés appellent à développer la prévention dans les écoles et à financer une prise en charge psychologique des jeunes affectés.

Les élus veulent également interdire la publicité ciblée basée sur le profilage des données des mineurs, renforcer les moyens des autorités de régulation comme l’Arcom et la CNIL, et exiger des plateformes une transparence accrue sur leurs mécanismes de modération. La commission appelle par ailleurs à mieux protéger les familles en leur donnant accès à des outils de signalement simples et rapides, et en finançant des campagnes nationales de sensibilisation aux risques numériques.

Enfin, le rapport propose de soutenir la recherche indépendante sur la santé mentale et le numérique, afin de combler le manque d’études disponibles, et de créer des dispositifs de suivi pour mesurer l’évolution des usages. L’objectif affiché est clair : sécuriser l’espace numérique pour les mineurs et rétablir un rapport de force entre les plateformes mondiales et les autorités publiques européennes

Source : Assemblée nationale française

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