Microsoft et Salesforce peinent à convaincre avec leurs outils d’IA, pendant qu’Anthropic s’impose

Depuis l’arrivée massive de l’intelligence artificielle dans les logiciels d’entreprise, des géants comme Microsoft et Salesforce affirmaient avoir une longueur d’avance. Ils disposaient déjà des liens solides avec les grandes entreprises mondiales et contrôlaient des applications incontournables pour gérer données clients et prévisions de ventes. Ajouter de l’IA à ces outils semblait une évidence, promettant de nouvelles marges grâce à des coûts de fonctionnement en baisse.

La réalité est plus nuancée. Microsoft tente toujours de justifier le prix de 30 dollars supplémentaires par mois et par utilisateur pour son offre Copilot intégrée à Office. Beaucoup de clients demeurent sceptiques quant à la valeur réelle de ces fonctions, malgré de nouveaux investissements pour intégrer des modèles plus performants, notamment ceux d’Anthropic. Les outils capables de générer automatiquement des présentations PowerPoint ou des fichiers Excel ne convainquent pas encore suffisamment.

Chez Salesforce, le constat est similaire. Le PDG Marc Benioff avait promis des agents intelligents efficaces, mais leur déploiement se révèle bien plus complexe et coûteux que prévu. L’entreprise continue de dépendre d’OpenAI et d’Anthropic pour alimenter ses agents, ce qui fragilise sa rentabilité, d’autant qu’elle ne bénéficie pas, contrairement à Microsoft, d’un moteur de croissance parallèle grâce au cloud.

Pendant ce temps, Anthropic marque des points. Selon une étude publiée cette semaine, 77 % des entreprises utilisent ses robots conversationnels pour automatiser complètement des tâches ( génération de code, rédaction de documents ) plutôt que pour de simples fonctions d’assistance. Cette orientation accentue la disruption sur le marché du travail, un phénomène que son PDG Dario Amodei assume et revendique depuis longtemps.

Le contraste est frappant avec OpenAI, qui attire surtout des particuliers utilisant ChatGPT pour poser des questions et obtenir des réponses. Anthropic, au contraire, a misé dès le départ sur le marché des entreprises, en particulier les développeurs. C’est cette spécialisation qui séduit désormais Microsoft, dont Satya Nadella souhaite transformer Copilot en véritable « collègue virtuel » capable d’assumer des tâches d’employés juniors ou de responsables RH.

Derrière ces choix stratégiques, un message clair émerge : l’IA n’est plus perçue uniquement comme un levier de productivité individuelle. Elle devient un outil de réduction des coûts de main-d’œuvre. Amazon, Shopify et Salesforce l’assument désormais ouvertement. Benioff s’est même vanté récemment d’avoir remplacé 4 000 employés en service client grâce à l’IA. Une démonstration brutale que l’intégration de l’IA dans les grandes entreprises n’est pas seulement une affaire de technologie, mais aussi de transformation du modèle social et économique.

Source : The Information

++++

Tous les jours de la semaine, du lundi au vendredi, Bruno Guglielminetti vous propose un regard sur l’essentiel de l’actualité numérique avec 120 secondes de Tech.


En savoir plus sur Mon Carnet

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire