
Depuis les dissensions publiques entre Elon Musk et Donald Trump, Mark Zuckerberg et Sam Altman ont activement resserré leurs liens avec l’administration Trump, illustrant un repositionnement stratégique dans le jeu politique techno-éditorial.
Au cours d’un récent dîner à la Maison-Blanche, Zuckerberg a pris place immédiatement à la droite de Trump, tandis qu’Altman siégeait à quelques tables de distance, un geste symbolique et soigneusement orchestré selon des sources proches du dossier.
Inserant davantage ce rapprochement : les dirigeants de Meta et OpenAI multiplient les visites à Washington et les formules de louanges envers l’administration Trump, dans l’espoir d’accéder à des faveurs réglementaires et d’obtenir un accès privilégié aux marchés publics.
Zuckerberg s’est engagé à investir 600 milliards de dollars aux États-Unis d’ici 2028, permettant à Trump de mettre de l’avant une politique de suprématie technologique américaine sur la Chine.
Parallèlement, Meta et OpenAI ont levé certaines restrictions quant à l’usage militaire de leurs technologies d’IA, et ont été ajoutées à la liste des fournisseurs approuvés par le gouvernement fédéral.
Pour autant, ce rapprochement est perçu par certains comme une union de convenance plutôt qu’une alliance fondée sur un projet idéologique partagé. Un proche de l’administration l’a résumé ainsi : « Si on retirait l’investissement dans l’IA de l’économie, on serait probablement dans une situation très délicate. »
Dans l’ombre de cette relation naissante plane la question de la pérennité. Si les vents politiques tournent après les élections de mi-mandat ou une éventuelle reconfiguration du pouvoir, Meta et OpenAI pourraient adapter leur stratégie, comme elles l’ont déjà fait par le passé, en changeant leur posture selon l’administration en place.
Enfin, ce repositionnement pose un dilemme pour la réputation à long terme de ces plateformes, entre opportunisme politique et risque de perdre leur crédibilité auprès d’utilisateurs, de régulateurs ou de segments de la société qui les jugent déjà trop proches du pouvoir.
Source : Financial Times
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