Ottawa lance un groupe d’experts pour redéfinir la stratégie canadienne en intelligence artificielle

Le ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique du Canada, Evan Solomon, a dévoilé aujourd’hui à Toronto la création d’un groupe de travail de 26 personnalités canadiennes du monde de la recherche, du capital de risque et de l’entrepreneuriat. Leur mission : proposer d’ici 30 jours des recommandations pour une nouvelle mouture de la stratégie nationale en IA.

Les travaux de ce groupe couvriront un large éventail de priorités, allant de la recherche et la commercialisation des technologies à la sécurité, la confiance, le développement des compétences et l’investissement dans les infrastructures numériques. Ottawa prévoit lancer en parallèle une vaste consultation publique au début d’octobre et promet de présenter une stratégie actualisée d’ici la fin de l’année.

La composition du groupe reflète l’écosystème canadien de l’IA, réunissant des figures reconnues comme Joelle Pineau, directrice scientifique en chef chez Cohere, Michael Serbinis, PDG de League, Louis Têtu de Coveo, James Neufeld de Samdesk, Marc-Etienne Ouimette anciennement d’AWS ou encore Patrick Pichette, associé chez Inovia Capital. Le milieu académique y est aussi représenté avec les anciens présidents de l’Université de Toronto et de l’Université de la Colombie-Britannique, David Naylor et Arvind Gupta, ainsi que Gail Murphy, vice-rectrice à la recherche de l’UBC.

D’ailleurs, le ministre Evan Solomon explique en entrevue dans Mon Carnet la mission de ces experts. Voici un extrait.

Cette annonce s’inscrit dans la continuité d’investissements déjà importants. Après un premier plan axé sur la recherche fondamentale en 2017, doté de 125 millions de dollars pour appuyer le CIFAR et les trois instituts phares (Mila, Vector, Amii), Ottawa avait renouvelé l’exercice en 2021 avec 443,8 millions de dollars, dont une part substantielle dédiée à la commercialisation. Plus récemment, le budget fédéral d’avril a réservé deux milliards pour accroître la capacité de calcul au pays et 50 millions pour créer un Institut canadien de la sécurité en IA.

Lors de son annonce, Evan Solomon a insisté sur la nécessité pour le Canada de “posséder les règles et les outils”, qualifiant cette démarche d’“assurance numérique” pour protéger la souveraineté technologique. Il a réaffirmé son intention de stimuler l’investissement privé, d’encourager l’achat d’outils locaux par l’État et l’armée et de soutenir la mise en place de centres de données contrôlés par des intérêts canadiens.

Le ministre a aussi souligné l’importance d’un dialogue avec les citoyens. Selon lui, la réussite de cette stratégie passe non seulement par des choix technologiques, mais aussi par l’adhésion sociale et une pédagogie claire sur les bénéfices et les risques de l’IA. Ottawa veut donc utiliser les consultations publiques pour intégrer les préoccupations de la population, notamment en matière d’éthique, de vie privée et d’emploi.

La création de ce groupe de travail vient s’ajouter aux structures déjà existantes, comme le Conseil consultatif sur l’IA et le groupe sur la sécurité en IA, reflétant l’importance croissante de ce secteur pour la compétitivité et la sécurité du pays. Enfin, le ministre a profité de l’occasion pour annoncer un futur “grand programme” dédié au secteur quantique, qui pourrait mobiliser près de deux milliards de dollars afin de rivaliser avec les initiatives américaines et éviter la fuite de startups canadiennes.

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