Un tiers des Américains déclarent avoir déjà eu une relation amoureuse avec une IA

Credit : ChatGPT

Une nouvelle étude menée par Vantage Point Counseling Services révèle qu’environ 28 % des adultes américains reconnaissent avoir eu une relation intime ou romantique avec une intelligence artificielle. Plus largement, 54 % des répondants disent avoir développé un lien d’un autre type avec une plateforme d’IA, qu’il s’agisse d’une amitié, d’un collègue virtuel ou d’un confident.

Les résultats montrent également que plus de la moitié des personnes engagées dans une relation avec une IA sont parallèlement dans une relation humaine stable, qu’il s’agisse d’un mariage ou d’un long compagnonnage. À l’inverse, près de 37,5 % affirment ne pas chercher de relation humaine ou avoir échoué dans leurs tentatives récentes.

L’étude, réalisée auprès de plus de 1 000 adultes américains, souligne des divergences générationnelles : près d’un adulte sur deux de plus de 60 ans estime que l’intimité avec une IA ne constitue pas une forme d’infidélité, alors que les plus jeunes, notamment les 18-29 ans, la considèrent davantage comme une tromperie. Michael Salas, directeur de Vantage Point, rappelle que « tromper ne se limite pas au contact physique, mais inclut aussi le secret et la rupture d’accords de couple ».

Au-delà de la fidélité, les experts notent que ces relations traduisent une recherche de réconfort, de sécurité et parfois d’exploration. Alexandra Cromer, conseillère en santé mentale, y voit une réponse à l’isolement et à la hausse de la solitude depuis la pandémie. Mais elle met en garde contre les limites de ces relations artificielles, susceptibles de véhiculer de fausses informations et de renforcer l’évitement des conflits réels.

Le phénomène s’inscrit dans un contexte plus large qualifié de « récession sexuelle » par l’Institute for Family Studies, marquée par une baisse continue de l’activité sexuelle aux États-Unis depuis 15 ans. Dans ce climat, l’IA devient pour certains un substitut relationnel.

Les plateformes les plus citées sont ChatGPT, suivi de Character.ai, d’Alexa, de Siri et de Gemini. Si certains s’en tiennent à des échanges amicaux ou professionnels, d’autres évoquent des conversations « sexy » ou des relations simulant un couple. Pour Salas, « même des personnes épanouies en couple humain explorent l’intimité avec une IA, non par manque, mais par curiosité et sentiment de sécurité ».

Les chercheurs préviennent toutefois que cette nouveauté n’est pas sans risques : dépendance émotionnelle, attentes irréalistes envers les partenaires humains et difficultés à maintenir des liens sains. À mesure que ces interactions se normalisent, la société, les thérapeutes et les couples devront s’interroger sur les nouvelles frontières de l’intimité.

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