Des opportunités économiques pour le Canada, selon OpenAI

Alors qu’Ottawa prépare sa première stratégie nationale en matière d’intelligence artificielle, le géant américain OpenAI multiplie les signaux d’ouverture envers le Canada. En visite à Toronto, Chris Lehane, directeur des affaires mondiales de l’entreprise derrière ChatGPT, a plaidé pour une collaboration qui profiterait à l’économie canadienne plutôt qu’à des acteurs étrangers.

Pour illustrer son propos, l’ancien conseiller de l’administration Clinton a évoqué son enfance dans le Maine : « On coupait les arbres, on les exportait, puis on rachetait les meubles bien plus chers », a-t-il raconté. Une métaphore claire : le Canada doit éviter que ses ressources – en l’occurrence son talent et son énergie – ne servent qu’à alimenter la croissance technologique d’autres pays.

Lors de la conférence technologique Elevate à Toronto, Lehane a rencontré le ministre de l’IA, Evan Solomon, qui promet une stratégie d’ici la fin de l’année. Ce dernier a récemment mis sur pied un groupe de travail chargé de définir les contours d’une souveraineté numérique canadienne, dans un contexte géopolitique tendu entre Ottawa et Washington.

OpenAI dit vouloir être un « véritable partenaire » du Canada. L’entreprise envisage de s’impliquer par l’entremise de son programme OpenAI for Countries, lancé en mai, qui aide les nations à renforcer leurs capacités de calcul et à adapter ChatGPT à leurs langues et cultures locales. Lehane évoque déjà la possibilité de créer des emplois et des activités économiques sur le territoire canadien.

Selon The Globe and Mail, OpenAI explore aussi la possibilité de s’implanter physiquement au pays, que ce soit en construisant des infrastructures, en achetant de la capacité de calcul ou en soutenant des programmes publics. Ce projet s’inscrirait dans l’initiative mondiale Stargate, un plan d’investissement massif en centres de données mené avec SoftBank, Oracle et MGX, estimé à 500 milliards $ US.

Pour Chris Lehane, aucun pays ne peut développer seul l’ensemble de la chaîne technologique : il faut conjuguer talent, capital, énergie, données et puces électroniques. Le Canada, dit-il, dispose déjà d’un avantage sur deux de ces fronts : le savoir-faire humain et l’énergie propre. En misant sur ces forces, Ottawa pourrait éviter de répéter « le syndrome du Maine » et s’imposer comme une puissance mondiale de l’IA.

Cette perspective enthousiasme certains acteurs du secteur technologique canadien, qui y voient une occasion de redéfinir la place du pays dans la chaîne de valeur mondiale. Si OpenAI devait réellement investir dans des infrastructures locales, cela pourrait soutenir l’écosystème de startups, favoriser la recherche universitaire et renforcer la souveraineté numérique du pays.

Mais cette ouverture comporte aussi des risques. Le Canada, tout en cherchant à protéger ses données et son indépendance technologique, devra éviter de devenir un simple relais d’entreprises étrangères. Trouver le bon équilibre entre coopération internationale et développement national sera, selon plusieurs experts, le véritable test de la stratégie canadienne de l’intelligence artificielle à venir.

Source : Globe and Mail, BNN

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