OpenAI prépare une offensive musicale avec l’intelligence artificielle

Après avoir bouleversé la création vidéo avec Sora, OpenAI s’attaque désormais à la musique. Selon The Information, l’entreprise de Sam Altman travaille à la conception d’un modèle d’intelligence artificielle capable de générer des morceaux à partir de simples instructions textuelles ou vocales, une avancée qui la placerait en concurrence directe avec les jeunes pousses Suno et Udio.

Pour nourrir ce futur modèle, OpenAI collabore discrètement avec des étudiants de la prestigieuse Juilliard School afin d’annoter des partitions et constituer une base de données musicale de haute qualité. L’objectif serait de permettre aux utilisateurs d’ajouter, par exemple, un accompagnement de guitare à une voix ou de créer une bande sonore complète pour une vidéo.

Cette incursion dans la musique s’inscrit dans la stratégie d’expansion d’OpenAI, qui cherche à diversifier ses outils et à retenir plus longtemps les quelque 800 millions d’utilisateurs de ChatGPT. L’entreprise pourrait également monétiser ces nouvelles capacités dans la publicité, en proposant la génération de jingles ou de musiques sur mesure pour les campagnes.

Mais le terrain est miné. Les startups Suno et Udio font déjà face à des poursuites de grandes maisons de disques, accusées d’avoir utilisé sans autorisation des œuvres protégées pour entraîner leurs modèles. OpenAI, qui a déjà pris soin d’éviter ce type de contentieux dans la vidéo avec Sora, devra probablement conclure des accords de licence avec les labels pour lancer son service sans heurts.

Au-delà des enjeux juridiques, ce virage musical illustre la volonté d’OpenAI de devenir un véritable écosystème créatif, couvrant le texte, l’image, la voix, la vidéo et maintenant la musique. En centralisant ces outils dans ChatGPT, la société espère consolider sa position dominante dans la création assistée par IA et devancer ses concurrents sur le terrain de la polyvalence.

Toutefois, l’émergence de ces outils soulève de nouvelles questions éthiques et économiques. Si l’IA facilite la production musicale, elle menace aussi la valeur du travail des artistes et compositeurs humains. Plusieurs organisations du milieu culturel appellent déjà à la mise en place d’un cadre clair garantissant la transparence des données utilisées et une juste rémunération des créateurs.

Google, déjà présent sur ce créneau avec son modèle Lyria, commercialisé via Google Cloud, représente un autre rival de taille. OpenAI, forte de sa valorisation record de 500 milliards de dollars, entend bien ne pas laisser ce marché lui échapper.

Reste à savoir si cette technologie sera intégrée à ChatGPT, à Sora, ou prendra la forme d’une application musicale autonome. Une chose est sûre : l’IA musicale s’annonce comme le prochain champ de bataille entre les géants de l’intelligence artificielle.

Source : The Information

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