Google, Meta et Microsoft ont dépensé près de 80 milliards de dollars dans les infrastructures d’IA sur un seul trimestre.

Credit : ChatGPT

Les groupes majeurs du numérique ont engagé près de 80 milliards de dollars américains de dépenses en infrastructures d’intelligence artificielle sur un seul trimestre, un record absolu. Alphabet, Meta et Microsoft sont au cœur de cette course effrénée à la puissance de calcul, chacun cherchant à dominer la prochaine génération de services alimentés par l’IA.

Alphabet a revu à la hausse ses prévisions d’investissement pour 2025, les portant à 93 milliards de dollars, et a annoncé un chiffre d’affaires trimestriel record de 100 milliards. Sa principale application d’IA, Gemini, compte désormais 650 millions d’utilisateurs mensuels, tandis que sa division infonuagique affiche un carnet de commandes de 155 milliards. Ce résultat rassure les marchés, qui y voient la preuve que les dépenses massives en puces et en centres de données peuvent générer des revenus tangibles.

Chez Meta, en revanche, la réaction a été tout autre. Le titre a plongé d’environ 9 % après que l’entreprise a indiqué que ses dépenses en IA pourraient dépasser 100 milliards de dollars l’an prochain. Malgré une hausse de 26 % de ses revenus trimestriels, à 51,2 milliards, les investisseurs s’inquiètent du rythme des dépenses et du manque de résultats concrets. L’entreprise mise sur le développement d’une « superintelligence » maison, mais ce pari à long terme peine à convaincre les marchés.

Microsoft, pour sa part, a dépensé 35 milliards au cours du trimestre, soit une hausse de 74 % sur un an. Son directeur général, Satya Nadella, parle de « construction à l’échelle planétaire », avec un plan pour doubler la capacité de ses centres de données d’ici deux ans. Malgré des bénéfices solides et une croissance de 39 % pour Azure, le titre a reculé de 4 % après les résultats, signe d’une certaine fatigue des investisseurs face à des annonces d’expansion toujours plus coûteuses.

Cette divergence de réactions illustre un point crucial : le marché se montre désormais très sensible à la rapidité avec laquelle ces dépenses colossales pourront se traduire en profits. Selon plusieurs analystes, Alphabet et Microsoft ont un avantage structurel grâce à leurs offres de services infonuagiques, alors que Meta, dépendante de la publicité, n’a pas encore trouvé la formule gagnante pour monétiser ses avancées en IA.

Certains observateurs rappellent que les grandes vagues d’investissement technologique ont souvent conduit à des excès. Les années 2000 avaient vu l’éclatement de la bulle Internet, et plusieurs experts craignent aujourd’hui une « bulle IA » si les promesses de rentabilité tardent à se concrétiser. D’autres, au contraire, estiment que ces investissements sont nécessaires pour établir les fondations d’une économie mondiale transformée par l’intelligence artificielle.

Pour l’instant, l’équation reste simple mais exigeante : beaucoup d’argent dépensé, peu de garanties à court terme. Les prochains trimestres diront si cette frénésie d’investissement marquera le début d’une nouvelle ère de prospérité numérique ou le retour d’une prudence forcée sur les marchés.

Source : Financial Times

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