Découvrabilité : les Québécois rejettent l’idée d’un contrôle gouvernemental

Credit : Gemini

Un nouveau sondage Léger révèle que les Québécois tiennent davantage au libre accès à la musique et au coût des abonnements qu’aux nouvelles règles proposées par le gouvernement du Québec pour encadrer les services de musique en continu. Selon les données recueillies pour le compte de la Digital Media Association, 61 % des répondants estiment que la musique francophone est déjà facile à trouver sur ces plateformes, et seulement 4 % considèrent que la réglementation des services numériques devrait être une priorité gouvernementale.

La notion de liberté de choix ressort fortement. Deux Québécois sur trois, soit 66 %, jugent que le gouvernement ne devrait pas influencer quels titres sont rendus accessibles sur les plateformes. Cette opinion est encore plus forte chez les adultes de 18 à 34 ans, dont les trois quarts souhaitent conserver une écoute entièrement déterminée par leurs goûts. Pour 63 % des répondants, cette liberté constitue un élément essentiel de leur expérience.

Le sondage montre également que la découvrabilité de la musique francophone ne semble pas poser problème au grand public. Une majorité affirme qu’il est simple de la repérer grâce à des outils déjà intégrés aux plateformes, comme les listes de lecture, les recommandations personnalisées et les fonctions de recherche. Seuls 20 pour cent associent la découvrabilité à l’idée d’accorder une visibilité équivalente aux titres francophones et anglophones, ce qui illustre une distance entre la perception des consommateurs et l’approche plus réglementaire évoquée par le projet de loi 109 qui veut affirmer la souveraineté culturelle du Québec.

Les inquiétudes liées à ce projet de loi sont clairement exprimées. Au total, 76 % des répondants s’opposeraient à toute mesure entraînant une hausse du prix des abonnements, et 65 pour cent s’y opposeraient si des services venaient à quitter le marché québécois. Plusieurs redoutent également une ingérence gouvernementale accrue, une réduction de l’accès à la musique internationale et la perte des recommandations personnalisées, qui jouent un rôle important dans la découverte de nouveaux artistes.

Lorsqu’il est question d’identifier les enjeux prioritaires auxquels le Québec est confronté, la réglementation des services numériques ou de musique en continu arrive largement en queue de liste, loin derrière la santé, l’abordabilité générale et le logement. Ce positionnement rappelle la nécessité d’arrimer les politiques publiques aux préoccupations concrètes des citoyens.

Du côté de l’industrie, la Digital Media Association affirme vouloir collaborer avec le gouvernement afin de concilier objectifs culturels et expérience des utilisateurs. Son président, Graham Davies, rappelle que les services de musique en continu reversent environ 70 % des revenus aux titulaires de droits et aux artistes, un modèle qui, selon lui, a contribué à élargir la portée de la musique québécoise. Chez Léger, la vice-présidente principale Lisa Covens estime que les résultats traduisent avant tout l’importance accordée par les Québécois à la découverte autonome de nouveaux artistes et de nouveaux genres.

Le sondage a été mené en ligne du 24 au 25 octobre 2025 auprès de 1 016 résidents du Québec âgés de 18 ans et plus. Un redressement statistique a été appliqué selon les critères habituels, et la marge d’erreur équivalente pour un échantillon probabiliste de même taille serait de 3,1 points de pourcentage, 19 fois sur 20.

Source : Leger

++++++

Du lundi au vendredi, Bruno Guglielminetti vous propose un regard sur l’essentiel de l’actualité numérique avec 120 secondes de Tech.

Ou encore…

Écoutez la plus récente édition de Mon Carnet,
le magazine hebdomadaire de l’actualité numérique.


En savoir plus sur Mon Carnet

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire