
Une nouvelle étude signée Proton et Constella Intelligence révèle que les données personnelles de 38 députés de l’Assemblée nationale ont été retrouvées sur le Dark Web. Les chercheurs soulignent qu’un élu du Québec apparaît à lui seul dans 19 fuites distinctes comprenant des mots de passe et divers renseignements sensibles.
L’analyse découle d’un échantillon de 78 députés de l’Assemblée nationale, les seuls dont l’adresse courriel officielle est publique. Parmi eux, 11 mots de passe se retrouvent dans les bases de données en circulation sur le Dark Web, dont six en clair. Pour ce qui est des 343 députés de la Chambre des communes à Ottawa, 152 députés ont subi 776 expositions de données et 44 mots de passe uniques ont fuité. La majorité de ces mots de passe étaient stockés sans chiffrement, ce qui augmente considérablement les risques de compromission.
Selon Proton, ces divulgations proviennent souvent de fuites touchant des services tiers comme LinkedIn ou Dropbox, sur lesquels des responsables politiques auraient utilisé leur courriel professionnel. Une seule compromission peut ensuite ouvrir la voie à des attaques ciblées, du harcèlement, du chantage ou des campagnes de désinformation.
Les chercheurs rappellent que le Dark Web constitue un espace difficile à surveiller, accessible uniquement via des outils spécialisés. Les informations qui y circulent peuvent être revendues ou partagées à grande vitesse, compliquant l’ampleur réelle des risques. Eamonn Maguire, responsable de la sécurité des comptes chez Proton, estime que ces révélations mettent en évidence une faiblesse persistante dans la protection numérique du personnel politique et avertit que les données observées ne représentent souvent que le début d’un problème plus vaste.
Le contexte renforce l’inquiétude. L’été dernier, une cyberattaque majeure a ciblé le gouvernement provincial. Et quelques semaines plus tard, c’est la Chambre des communes qui confirme une attaque ayant compromis une base de données regroupant les renseignements de près de 2 500 employés fédéraux. Ces incidents rappellent que les institutions politiques restent des cibles privilégiées pour les groupes criminels.
Les travaux de Proton s’inscrivent dans une étude internationale qui relevait déjà des niveaux d’exposition préoccupants au Royaume-Uni, aux États-Unis, en France et en Allemagne. Dans certains pays, des fuites antérieures avaient montré que des élus utilisaient leurs adresses professionnelles pour des services sensibles comme des plateformes pornographiques ou des sites de jeux d’argent. Aucun cas de ce type n’a été observé au Canada.
Pour réduire les risques, et pas seulement quand on est député, il est fortement recommandé d’éviter l’usage du courriel professionnel pour les inscriptions à des services tiers, de recourir à un gestionnaire de mots de passe, de privilégier des alias d’adresse électronique et d’utiliser des outils de surveillance des fuites sur le Dark Web. De son côté, Proton affirme avoir contacté en amont les élus concernés pour leur transmettre les informations liées aux fuites et des conseils visant à limiter les conséquences potentielles.
Source : Proton
******
Du lundi au vendredi, Bruno Guglielminetti vous propose un regard sur l’essentiel de l’actualité numérique avec 120 secondes de Tech.
Ou encore…
Écoutez la plus récente édition de Mon Carnet,
le magazine hebdomadaire de l’actualité numérique.
En savoir plus sur Mon Carnet
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

