
La Chine accélère sa stratégie spatiale. Plusieurs entreprises chinoises ont déposé, à la fin décembre, des demandes auprès de l’International Telecommunication Union pour le déploiement de plus de 200 000 satellites internet en orbite basse. Ces démarches interviennent alors que Pékin affirme que le réseau Starlink constitue un risque croissant pour la sécurité et la gestion des ressources orbitales partagées.
Selon les documents déposés, une douzaine de projets sont portés par différents acteurs chinois. Les deux plus ambitieux, baptisés CTC-1 et CTC-2, prévoient chacun 96 714 satellites. Ils sont attribués à l’Institute of Radio Spectrum Utilisation and Technological Innovation, un organisme nouvellement créé et enregistré dans la province du Hebei à la fin décembre, au moment même du dépôt des dossiers.
Cette offensive chinoise s’inscrit dans une course mondiale aux mégaconstellations de satellites. Les États-Unis conservent toutefois une longueur d’avance grâce à SpaceX et à son service Starlink, qui représente déjà la majorité des satellites actuellement en orbite basse. Ces positions précoces offrent un avantage stratégique puisque les fréquences radio et les créneaux orbitaux disponibles sont limités.
À Washington, la Federal Communications Commission a annoncé vendredi avoir autorisé SpaceX à lancer 7 500 satellites Starlink de deuxième génération. Ces engins devront être opérationnels d’ici la fin de 2031, ce qui porterait le total du réseau à environ 15 000 satellites. Une demande supplémentaire visant jusqu’à 30 000 satellites reste, pour l’instant, en suspens.
Côté chinois, d’autres projets ont également été soumis à l’ITU. China Mobile a déposé son premier dossier pour une constellation de 2 520 satellites. La société Shanghai Spacecom Satellite Technology, soutenue par l’État, prévoit pour sa part 1 296 satellites dans le cadre du projet Qianfan. À plus long terme, Pékin travaille aussi sur le réseau Guowang, avec un objectif d’environ 13 000 satellites, tandis que Qianfan ambitionne plus de 15 000 satellites d’ici 2030.
Les autorités chinoises affirment que la prolifération de satellites Starlink a déjà créé des problèmes de sécurité et accru les risques de collision en orbite basse. En décembre, SpaceX a reconnu qu’un de ses satellites avait connu une anomalie entraînant une descente non planifiée. L’entreprise a par ailleurs indiqué qu’environ 4 400 satellites seraient abaissés cette année d’une altitude d’environ 550 kilomètres à 480 kilomètres afin de réduire les risques.
La pression monte donc sur un espace orbital de plus en plus encombré. Selon les règles de l’ITU adoptées en 2019, les opérateurs doivent respecter un calendrier strict de déploiement sous peine de voir leurs droits ajustés. Dans ce contexte, la multiplication des projets chinois marque une étape supplémentaire dans la rivalité technologique et stratégique entre Pékin et Washington, avec l’orbite terrestre basse comme nouveau terrain de compétition.
Source : scmp
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