
LAS VEGAS – Au CES 2026, une jeune entreprise française propose de s’attaquer à un problème aussi ancien que persistant, le courrier électronique. MailVista, présentée à Las Vegas par son cofondateur Xavier Malaurie, ambitionne de moderniser une expérience utilisateur qui, selon lui, n’a pratiquement pas évolué depuis le milieu des années 1990.
Le constat est chiffré. Le courrier électronique continue de croître à un rythme annuel d’environ 7 %. Plus de 4,26 milliards de personnes envoient chaque jour quelque 375 milliards de messages. Pourtant, la manière de lire, trier et traiter ces courriels reste largement inchangée, alors même que les salariés y consacrent en moyenne plus de deux heures par jour, soit près de 30 % de leur temps de travail.
MailVista se positionne comme un assistant intelligent plutôt qu’un simple filtre. L’outil analyse le contexte de l’utilisateur, ses centres d’intérêt et ses priorités pour classer automatiquement les messages, identifier les actions attendues et hiérarchiser les courriels en fonction de leur importance. Les messages purement informatifs, comme les infolettres, sont relégués au second plan. L’assistant intervient aussi dans l’organisation des dossiers et dans l’aide à la rédaction des réponses.
L’objectif affiché est clair, rendre jusqu’à une heure par jour aux utilisateurs. Pour Xavier Malaurie, l’enjeu dépasse la productivité. Il s’agit de redonner du temps aux tâches à valeur ajoutée, plutôt que de le perdre dans une gestion manuelle du flux de courriels. Cette approche rejoint, selon lui, les grandes tendances mises de l’avant par les organisateurs du CES dans leur rapport Tech Trends 2026, où l’IA évolue d’un simple outil de génération de texte vers une gestion proactive des communications.
MailVista met aussi de l’avant une utilisation dite frugale de l’intelligence artificielle. Le concept d’IA Friendly vise à limiter la consommation énergétique en réduisant les traitements inutiles et les échanges superflus de courriels. L’entreprise souhaite même inciter les utilisateurs à adopter de meilleures pratiques grâce à un système d’éco-tokens, récompensant une utilisation plus sobre de la messagerie.
La question de la sécurité et de la confidentialité occupe une place centrale dans le discours de l’entreprise. MailVista ne stocke pas les courriels. Les messages restent chez les fournisseurs habituels comme Microsoft ou Gmail. Seules des métadonnées anonymisées sont analysées et conservées dans des bases de données sécurisées et localisées. L’entreprise se dit pleinement conforme au RGPD, avec un haut niveau de protection des données personnelles.
Côté marché, MailVista vise large. L’outil s’adresse autant aux entreprises comptant de nombreux employés qu’aux particuliers submergés par le volume de messages. Les associations, les professions libérales comme les notaires ou les avocats figurent aussi parmi les clientèles ciblées. Pour ses fondateurs, le problème du courrier électronique concerne désormais tout le monde.
Actuellement en phase de bêta-test, MailVista prévoit un lancement commercial au premier trimestre 2026, suivi d’un déploiement progressif en Europe au cours de l’année. Le Canada et le Québec sont dans la feuille de route pour le début de 2027. Présente au CES 2026, l’équipe entend profiter de la vitrine internationale pour se faire connaître et préparer cette expansion.
Pour Xavier Malaurie, l’avenir de la messagerie passe par une combinaison d’intelligence, de sobriété et d’efficacité, avec un recentrage assumé sur l’humain. Une promesse ambitieuse pour un outil qui s’attaque à l’un des usages numériques les plus universels, et les plus chronophages.
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