
La demande pour des capacités de centres de données au Canada pousse BCE Inc à accélérer le déploiement de sa nouvelle activité en intelligence artificielle. Selon son chef de la direction, les chantiers avancent plus vite que prévu, signe d’un appétit marqué du marché pour des infrastructures locales et souveraines.
Lancée l’an dernier, la division Bell AI Fabric vise à offrir de la puissance de calcul alimentée par 73 mégawatts d’électricité, un niveau équivalant à la consommation de plus de 30 000 foyers. BCE s’est engagée à investir environ 300 millions de dollars canadiens dans ce projet, avec l’objectif d’atteindre près de 400 millions de dollars de revenus d’ici 2028, comme l’a précisé l’entreprise lors de communications aux investisseurs à l’automne 2025.
Interrogé à Montréal par Bloomberg le 19 janvier 2026, le PDG de BCE, Mirko Bibic, affirme que la croissance de Bell AI Fabric, amorcée en mai 2025, dépasse ses attentes initiales. Il souligne toutefois que le groupe reste discipliné sur l’enveloppe d’investissement annoncée, même si la demande continue de progresser rapidement.
Un premier centre de données a été mis en service à Kamloops, en Colombie-Britannique, en juin dernier. Un second doit entrer en activité d’ici mars à Merritt, tandis que d’autres installations sont prévues plus tard cette année dans l’Ouest canadien. BCE s’appuie pour ces projets sur des partenaires industriels comme Groq Inc et Hive Digital Technologies Ltd, qui assurent l’essentiel des investissements matériels et l’exploitation des serveurs.
Pour Mirko Bibic, le contexte international renforce l’attrait du Canada comme site d’hébergement. Il estime que le pays peut être perçu comme un territoire neutre et fiable pour la gestion des données, à un moment où les enjeux de souveraineté numérique préoccupent de plus en plus les entreprises et les gouvernements.
Dans cette stratégie, Bell AI Fabric s’est aussi associée à la licorne canadienne Cohere Inc afin d’exploiter ses modèles d’IA générative. Parallèlement, BCE a regroupé plusieurs acquisitions au sein de la firme de conseil TI Ateko et lancé Bell Cyber, un service misant sur l’IA pour la détection et la neutralisation des cybermenaces.
Au total, BCE vise environ 1,5 milliard de dollars canadiens de revenus issus de solutions propulsées par l’intelligence artificielle à l’horizon 2028. Une ambition qui illustre la volonté du principal groupe télécom canadien de s’imposer comme acteur clé de l’infrastructure IA, au-delà de ses activités traditionnelles de connectivité.
Source : Mathieu Dion, Bloomberg
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