
Des employés du secteur technologique exhortent les dirigeants des grandes entreprises numériques à dénoncer publiquement les pratiques de l’ICE, l’agence américaine de l’immigration et des douanes, après la mort d’Alex Pretti à Minneapolis samedi dernier, moins d’un mois après la fusillade ayant coûté la vie à Renee Good.
Dans une lettre ouverte signée par plus de 450 employés de sociétés comme Google, Salesforce, Meta, OpenAI et Amazon, les signataires demandent aux PDG d’intervenir directement auprès de la Maison-Blanche, d’exiger le retrait de l’ICE des villes américaines et de mettre fin à tout contrat liant leurs entreprises à l’agence fédérale.
La démarche est portée par le collectif ICEout.tech, qui estime que l’industrie technologique dispose d’un levier politique réel. Le groupe rappelle qu’en octobre dernier, des dirigeants de la Silicon Valley avaient réussi à convaincre l’administration Trump d’abandonner un projet de déploiement renforcé de l’ICE à San Francisco.
Ce nouvel appel intervient dans un contexte jugé particulièrement sensible. Selon les organisateurs, plusieurs dirigeants d’Amazon, d’AMD, d’Apple et de Zoom assistaient à une projection à la Maison-Blanche du nouveau documentaire de Melania Trump, quelques heures seulement après la mort d’Alex Pretti.
Sollicités par Axios, les représentants d’Anthropic, d’Apple, de Google, d’IBM, de Meta, d’OpenAI et de Salesforce n’ont pas répondu aux demandes de commentaires concernant l’affaire, l’usage potentiel de technologies de surveillance lors de manifestations ou la présence de dirigeants à cet événement. Microsoft a indiqué examiner la situation, sans aller plus loin.
Cette retenue contraste avec la posture adoptée lors du premier mandat de Donald Trump, alors que de nombreuses entreprises technologiques s’étaient publiquement opposées à certaines politiques sur l’immigration, les droits civiques ou les droits LGBTQ+. Depuis le début du second mandat, plusieurs dirigeants se sont plutôt affichés aux côtés du président, soutenant notamment sa stratégie de croissance économique et de développement de l’intelligence artificielle.
Quelques figures du secteur ont toutefois rompu le silence. Parmi elles figurent Yann LeCun, ancien responsable scientifique de l’IA chez Meta, Aaron Levie, PDG de Box, Jeff Dean, chercheur en chef chez Google DeepMind, ainsi que l’informaticien Paul Graham. Tous ont publié des messages critiques à l’égard de l’intervention des agents fédéraux.
D’autres dirigeants, habituellement discrets sur les questions politiques, ont expliqué avoir été contraints de réagir. Josh Miller, PDG de Browser Company, a écrit qu’il s’agissait avant tout de valeurs fondamentales et de ce que les États-Unis prétendent représenter. Chris Olah, cofondateur d’Anthropic, a pour sa part souligné que, malgré son attachement à une posture non partisane, les faits rapportés à Minneapolis étaient, selon lui, moralement inacceptables.
En toile de fond, un reproche revient fréquemment sur les réseaux sociaux. Plusieurs observateurs accusent les leaders technologiques de se mobiliser rapidement contre des mesures fiscales ou réglementaires jugées défavorables à leurs intérêts, tout en restant silencieux lorsque les enjeux touchent aux droits civiques et à l’usage de la force par l’État.
Source: Axios
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