Se désabonner pour protester : un boycott numérique vise les géants de la tech et l’ICE

Un nouveau mot d’ordre circule depuis quelques jours dans les réseaux militants américains : se désabonner. En réaction aux opérations musclées de l’ICE et à la politique migratoire de l’administration Trump, une partie du mouvement anti-ICE appelle désormais à un boycott ciblé des grandes plateformes technologiques.

L’idée est portée par Scott Galloway, professeur de marketing à l’Université de New York et critique bien connu de la concentration du pouvoir dans la Silicon Valley. Plutôt que des grèves générales difficiles à tenir pour les petits commerçants, il propose une action plus simple, et selon lui plus efficace : mettre fin, temporairement, aux abonnements et à l’utilisation de services numériques majeurs.

Concrètement, Galloway invite les consommateurs américains à se désabonner ou à se retirer, pendant tout le mois de février, de services comme ChatGPT d’OpenAI, Prime Video d’Amazon ou Microsoft Office. Un boycott discret, sans images spectaculaires, mais pensé pour produire un signal économique mesurable sur la durée.

Selon lui, une baisse même modeste de l’engagement ou de la croissance de ces plateformes pourrait peser sur les valorisations boursières de groupes dont les dirigeants entretiennent des relations étroites avec la Maison-Blanche. Il rappelle que plusieurs PDG de la tech ont multiplié les gestes de rapprochement avec Donald Trump depuis le début de son second mandat, que ce soit par des dons, des présences à des événements officiels ou des dîners à la Maison-Blanche.

Cette stratégie s’inscrit dans un contexte de mobilisation intense contre l’ICE. Depuis des mois, des manifestations se succèdent à travers le pays, notamment à Minneapolis, où plusieurs interventions d’agents fédéraux ont été filmées et largement diffusées sur les réseaux sociaux. Ces images ont contribué à accroître la pression politique sur le Département de la Sécurité intérieure et sur Immigration and Customs Enforcement.

Des ajustements opérationnels ont déjà été annoncés dans certains États, comme le Minnesota ou le Maine, mais en parallèle, les pouvoirs des agents de l’ICE ont été élargis, notamment en matière de perquisitions sans mandat. Pour Galloway, ces concessions ponctuelles ne suffisent pas à produire un changement structurel.

Son argument central est clair : dans une économie dominée par les plateformes, le levier le plus redouté n’est pas la protestation symbolique, mais le retrait économique. Ne pas consommer, ne pas renouveler un abonnement, suspendre un usage quotidien. Une action individuelle, répétée à grande échelle, qu’il considère comme potentiellement plus déstabilisante pour le pouvoir que des journées de grève isolées.

Source : Business Insider

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