Washington prépare un portail pour contourner les blocages européens

L’administration américaine travaille à la création d’un portail en ligne destiné à permettre aux internautes européens et d’autres régions d’accéder à des contenus interdits par leurs gouvernements. L’information, révélée par Reuters, repose sur des sources proches du dossier.

Le site serait hébergé à l’adresse freedom.gov. Selon ces sources, les responsables auraient envisagé d’y intégrer une fonction de réseau privé virtuel afin de faire apparaître le trafic des utilisateurs comme provenant des États-Unis. L’activité ne serait pas suivie. Le projet, dirigé par la sous-secrétaire d’État à la diplomatie publique Sarah Rogers, devait être annoncé lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, mais son lancement a été repoussé.

Officiellement, le département d’État affirme ne pas disposer d’un programme spécifique de contournement de la censure visant l’Europe, tout en rappelant que la « liberté numérique » constitue une priorité, incluant la promotion d’outils comme les VPN. Des tensions internes auraient émergé, notamment au sein des services juridiques, selon deux sources citées par Reuters. Le département dément.

L’initiative s’inscrit dans un contexte de friction entre Washington et plusieurs capitales européennes, déjà marquées par des désaccords commerciaux et géopolitiques. L’administration Trump met en avant la défense de la liberté d’expression, qu’elle estime menacée par des lois comme le Digital Services Act de l’Union européenne ou l’Online Safety Act britannique.

En Europe, les restrictions sur les discours haineux, la propagande terroriste ou certaines formes de désinformation s’appuient sur un cadre juridique développé depuis 2008. En 2024, l’Allemagne a émis 482 ordres de retrait liés au terrorisme et contraint les plateformes à supprimer plus de 16 000 contenus. X, propriété d’Elon Musk, a pour sa part été sanctionné d’une amende de 120 millions d’euros en décembre pour non-conformité.

Reste à savoir quel avantage concret offrirait freedom.gov par rapport aux VPN commerciaux déjà disponibles. Le nom de domaine a été enregistré le 12 janvier. Pour l’instant, le site n’affiche qu’un formulaire de connexion et le logo du National Design Studio, structure associée au projet.

Source : Reuters

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Un commentaire

  1. Au lieu de permettre aux européens de pouvoir écouter des discours haineux et de la propagande de désinformation, les USA devraient suivre l’exemple européen.
    Les “Zétats Désunis” s’en porteraient mieux à la longue.

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