Sam Altman, patron d’OpenAI, rejette les centres de données en orbite et marque ses distances avec Elon Musk

Le débat sur l’infrastructure de l’intelligence artificielle ne se joue plus seulement dans les laboratoires, mais aussi dans l’espace. Lors d’un entretien à New Delhi, le patron de OpenAI, Sam Altman, a qualifié de « ridicule » l’idée d’installer des centres de données en orbite dans un avenir proche. Une position qui tranche nettement avec celle d’Elon Musk, partisan d’un déploiement spatial de la puissance de calcul.

Altman avance un argument pragmatique. Selon lui, les coûts de lancement restent prohibitifs et la maintenance en orbite pose un défi majeur. Remplacer un processeur graphique défaillant à plusieurs centaines de kilomètres au-dessus de la Terre relève aujourd’hui de la gageure technique et financière. À ses yeux, les centres de données orbitaux ne pèseront pas à grande échelle au cours de la décennie.

Cette divergence s’inscrit dans une rivalité ancienne. Musk fut cofondateur d’OpenAI en 2015 avant de quitter l’organisation en 2018, officiellement pour éviter des conflits d’intérêts avec Tesla. Depuis, OpenAI a adopté un modèle à but lucratif plafonné et s’est rapprochée de Microsoft, ce que Musk critique ouvertement. L’entrepreneur a ensuite lancé xAI en 2023, avec le modèle Grok, pour promouvoir sa propre vision du développement de l’IA.

Au cœur de leur désaccord se trouve la question de la capacité de calcul. Les modèles d’IA exigent des volumes croissants d’énergie et de puissance informatique. Altman évoque un chantier colossal, possiblement le projet d’infrastructure le plus coûteux jamais entrepris collectivement. L’Agence internationale de l’énergie estime que la consommation électrique des centres de données pourrait doubler d’ici 2026, ce qui alimente les inquiétudes sur la pression exercée sur les réseaux électriques.

Musk voit dans l’orbite une échappatoire aux contraintes terrestres. Des centres de données alimentés en continu par l’énergie solaire spatiale pourraient réduire la dépendance aux réseaux nationaux et contourner les limites de production énergétique. Les partisans de cette approche avancent aussi que l’espace offrirait un refroidissement naturel et une moindre pression sur les ressources en eau.

Altman, lui, privilégie une montée en puissance sur Terre, malgré les défis climatiques et énergétiques. Les énergies renouvelables nécessitent des capacités de stockage encore coûteuses. Le nucléaire représente une option, mais son déploiement prend du temps. À court terme, la priorité reste selon lui d’optimiser l’existant plutôt que d’ouvrir un nouveau front technologique en orbite.

Au-delà de la technique, la relation personnelle entre les deux dirigeants nourrit l’attention. Interrogé sur la probabilité d’une réconciliation avec Musk, Altman a répondu avec humour qu’elle était moins probable qu’un bouleversement de la domination de Taiwan Semiconductor Manufacturing Company sur la fabrication de puces. Malgré les tensions, il reconnaît à Musk une grande maîtrise de l’ingénierie physique et une capacité à mobiliser ses équipes vers des performances élevées.

La bataille pour l’infrastructure de l’IA dépasse désormais la seule innovation logicielle. Elle interroge la soutenabilité énergétique, la gouvernance mondiale et la capacité des entreprises à financer des projets d’ampleur inédite. Pour l’instant, Altman mise sur des solutions ancrées au sol. Musk, fidèle à sa vision, regarde vers les étoiles.

Source : Indian Express

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