
En entrevue avec le journaliste économique Gérald Fillion à Radio-Canada, le président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Denis Dubois, a défendu des résultats financiers en hausse malgré un contexte économique marqué par les tensions commerciales et un ralentissement de la croissance. Il attribue cette performance à la capacité de l’institution à accompagner ses membres tout en améliorant sa productivité, notamment grâce aux investissements numériques et à l’intelligence artificielle.
Les provisions pour pertes sur créances ont toutefois augmenté d’environ 100 millions de dollars. Une hausse qui s’explique, selon le dirigeant, par la croissance du portefeuille de prêts, mais aussi par un climat d’incertitude plus marqué. Les effets combinés de la pandémie, de la forte inflation des dernières années et des nouveaux tarifs douaniers pèsent encore sur certaines entreprises.
L’année 2026 s’annonce sous le signe de la prudence. La révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique et les annonces répétées de nouveaux tarifs par l’administration américaine alimentent les inquiétudes. Même si 90 pour cent des exportations canadiennes demeurent protégées, un changement de cadre commercial pourrait fragiliser davantage l’économie, déjà en phase de ralentissement.
Du côté de l’assurance, les changements climatiques représentent un enjeu structurel. Desjardins observe une hausse des coûts liés aux sinistres et adapte sa gestion des risques à l’aide de la réassurance et de modèles d’évaluation plus sophistiqués, appuyés par l’intelligence artificielle. L’objectif est de protéger les résultats tout en maintenant une couverture adéquate pour les assurés.
L’institution compte désormais plus de 52 000 employés, soit 1 700 de plus qu’il y a un an. Interrogé sur l’impact de l’IA sur l’emploi, Denis Dubois évoque une transformation des rôles plutôt qu’une réduction automatique des effectifs. La priorité demeure de générer un écart positif entre la croissance des revenus et celle des dépenses, tout en accompagnant les employés dans l’évolution de leurs compétences.
Sur le plan économique québécois, le dirigeant s’est aussi prononcé sur la fin du Programme de l’expérience québécoise. À la lumière de ses échanges avec des entrepreneurs en région, il estime que les changements récents fragilisent certaines entreprises et pourraient freiner des projets d’investissement, notamment en automatisation.
Enfin, Desjardins poursuit sa stratégie de croissance externe. L’acquisition annoncée de Guardian Capital doit être complétée d’ici la fin mars. Avec un ratio de capital de 23,7 pour cent, le groupe coopératif affirme disposer de la marge de manœuvre nécessaire pour envisager d’autres transactions, dans l’intérêt de ses membres et de ses clients.
Source : – Gérald Fillion – Linkedin
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