
Dans l’industrie technologique, l’intelligence artificielle n’est plus un simple outil expérimental. Elle s’impose désormais comme un critère de performance. Selon une enquête citée par le Wall Street Journal, 42 % des employés du secteur affirmaient à l’automne 2025 que leur gestionnaire s’attendait à ce qu’ils utilisent l’IA au quotidien, contre 32 % huit mois plus tôt.
Des entreprises comme Amazon, Google, Meta, Microsoft et Salesforce intègrent désormais l’usage des outils d’IA dans leurs processus internes. Chez certains employeurs, l’adoption de l’IA est prise en compte lors des évaluations annuelles. Ailleurs, elle influence les promotions ou fait l’objet de tableaux de bord mesurant l’utilisation par employé.
Chez Amazon Web Services, les gestionnaires disposent d’indicateurs détaillant l’usage des outils d’IA par les ingénieurs. Chez Google, l’utilisation de l’IA entre cette année dans certaines évaluations de performance des développeurs. Meta, de son côté, suit notamment la quantité de code produite avec l’aide de l’IA et permet aux employés d’intégrer ces données dans leur autoévaluation.
La pression est aussi présente à l’embauche. Certaines entreprises exigent une « littératie IA » démontrée. Les candidats doivent expliquer les outils utilisés, les requêtes formulées et la manière dont ils optimisent leurs flux de travail. Dans certaines PME technologiques, un score de compétence en IA est même attribué aux employés.
Derrière cette stratégie, un objectif clair, prouver le retour sur investissement. Près de la moitié des entreprises technologiques et télécoms déclarent déjà un rendement positif de leurs investissements en IA générative, selon une étude de la Wharton School de l’University of Pennsylvania menée avec GBK Collective. Dans un contexte où ces entreprises investissent massivement dans leurs propres outils, l’adoption interne devient un argument commercial.
Cette évolution transforme également la gestion des ressources humaines. Les entretiens annuels incluent désormais des questions précises sur l’usage de l’IA, la capacité à automatiser certaines tâches et la contribution à l’amélioration des processus internes. Dans certains cas, des primes ou des récompenses sont offertes aux équipes qui développent les solutions les plus efficaces à l’aide d’outils génératifs.
Reste un enjeu de fond, l’équilibre entre incitation et contrainte. Si plusieurs dirigeants parlent d’expérimentation et de culture d’innovation, d’autres reconnaissent que l’adhésion forcée peut générer de la résistance. L’adoption massive de l’IA devient ainsi un test grandeur nature de transformation organisationnelle, où performance, confiance et sécurité de l’emploi s’entrecroisent.
Une chose semble acquise, dans la tech, ne pas utiliser l’IA devient un risque professionnel. L’outil est passé du statut d’avantage concurrentiel à celui de norme attendue.
Source : wsj
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